Les articles > Block Print : partage d’impressions
Dans le cadre de son parcours Diplôme Universitaire Fabmanager, Nathalie nous propose de revenir sur un atelier d’animation de communauté qu’elle a mené au FacLab.
Née en Inde autour du XIVe siècle, la technique de l’impression avec des blocs de bois dite aussi «block print» est revisitée dans les années 70 lors du mouvement hippie Le principe est simple : on réalise un tampon en bois sculpté et gravé à la main qu’on enduit ensuite d’encre ou de teinture végétale pour embellir et rendre unique un support au choix. Nous avons choisi de faire notre atelier avec du textile, support le plus courant pour ce type d’impression. L’application du tampon permet de reproduire à l’identique des motifs sur des grandes et des petites surfaces. En Inde, chaque motif et chaque couleur est associée à une signification propre.

Pour ma part, après des tests sur du bois aggloméré, j’ai choisi de créer mes tampons sur du caoutchouc naturel compatible pour les découpeuses laser.
J’ai préféré utilisé le caoutchouc pour effectuer les tampons pour un côté pratique lors de l’atelier : possibilité de changer plus facilement de couleurs en lavant à l’eau et de tamponner plus facilement. En effet j’ai effectué la découpe et la gravure de quelques tampons en bois : pour bien tamponner il faut mettre une serviette en éponge en dessous du textile et laver les tampons en bois n’est pas aisé.

Pour l’encre, j’ai acheté les encres végétales conseillées par l’atelier du tampon à Paris 15 qui ont aussi une découpeuse laser Trotec et on pu me montrer l’impression textile. J’ai également décidé de faire l’essai d’un encrage du tampon à l’aide de feutres textiles. Cette option a l’avantage de n’encrer que les zones voulus et d’éviter les bavures sur les bords du tampon. Grâce à des conseils avisés, j’ai mis de la mousse 3D pour donner un amorti et que l’application de l’encre soit plus simple.
Ces recherches m’ont permis de découvrir comment la machine numérique — la découpeuse laser — peut être un outil facilitateur pour l’artisanat sans être un frein pour la créativité.
Ainsi, j’ai réalisé une dizaine de tampons en choisissant le thème du Japon.


Lors de l’atelier, il y avait 3 participantes, le fabmanager du FacLab et moi-même. J’ai proposé de montrer l’ensemble du processus de gravure laser des tampons afin de se rendre compte que cette machine est facile à utiliser avec le fichier créé en amont sur Inkscape.
Puis nous nous avons dégusté du thé japonais dans la salle conviviale pour faire connaissance.
Ensuite, nous nous sommes lancés dans des essais d’impression textile sur des tote bags : il y avait les tampons crée avec du caoutchouc puis collé avec de l’adhésif 3M sur un bloc de bois, des tote bags blancs, de la peinture textile pour tampon, des feutres textiles.

Cela a été un moment de convivialité dans les espaces du lab, un lâcher-prise sans jugement sur la créativité. Autour d’échanges sur la composition, j’ai pu recevoir des conseils avisés des participantes pour pouvoir reproduire à la main une magnifique calligraphie et accompagner les motifs des tampons choisis. Cela a permis d’associer la production numérique avec un geste manuel d’écriture. Le tampon lui-même permet de nombreuses modulations manuelles et d’effets selon la pression que l’on exerce sur le tissu. Les participantes ont pu tester cela et échanger sur leurs expérimentations
Voici un exemple de deux tote bags magnifiquement réalisés.


Nous nous sommes rendus compte de l’immense possibilité de la gravure laser pour développer ce genre de technique, reproduire un motif de broderie traditionnelle, les initiales d’une entreprise etc…
De multiples projets en perspectives!
La partir « lab » a pris tout son sens dans le mot fablab : on teste des techniques grâce aux machines, aux outils, aux conseils des fabmanagers et on ne s’arrête plus car on découvre sans cesse au fur et à mesure que l’on fait. Tout est possible du moment que l’on veille à la sécurité. On a le droit de se tromper et de recommencer.
C’est le regard que l’on porte sur l’œuvre réalisée qui nous guide alors dans le processus de fabrication.
Il était prévu dans cet atelier de réaliser soi-même les encres végétales mais, prise par le temps, je n’ai pas pu obtenir de résultats satisfaisants. C’est un autre challenge qui m’attend pour poursuivre les expérimentations!
Ingrédients nécessaires à cet atelier
Moyens matériels
- salle Conviviale du FacLab avec sa cuisine chaleureuse.
- Tampons réalisés à la gravure laser sur caoutchouc Trodat avec support en bois
- 7 encres textiles achetées à Rougier et Plé et à l’Atelier du tampon Paris 15e
- 6 tote bags blancs (1 par participant·e)
- un spray avec de l’eau pour nettoyer
- un chiffon
- une bâche de protection pour la table
- préparation des fichiers sur Inkscape
- découpeuse laser Trotec 300 et l’ordinateur (Corel Draw)
- thés japonais
- tasses (notamment crées et fabriquées au FacLab!)
6 participant·e·s maximum
1 animatrice
Durée de l’atelier : 2h minimum
Nathalie,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #17