Aller au menu Aller au contenu

Information importante !

Bonne année!Consultez régulièrement notre agenda pour vous informer des fermetures éventuelles

Dans le cadre de son parcours Diplôme Universitaire Fabmanager, Floraya nous propose de revenir sur un atelier d’animation de communauté qu’elle a mené au FacLab.

Dans l’après-midi du 5 décembre, la salle conviviale du FacLab a été le théâtre d’une série d’énigmes et de complots qui s’est conclue par quelques verres de sirop.

Ce sont ces mots qui ont attiré nos 4 valeureux joueurs au FacLab de Gennevilliers pour une épreuve de deux heures. 

Ainsi trouvent-ils dès leur arrivée sur les lieux un set de 3 mystérieux flacons, agrandi par la suite d’autres trouvailles dissimulées sur les lieux.

Dans un premier temps, les alchimistes en devenir ont chacun reçu une enveloppe contenant leurs rôles et objectifs, ainsi qu’un collier permettant à certains joueurs de reconnaître leur allié. Après une brève explication des règles et des limites du jeu, les valeureux se sont lancés dans l’aventure.

Le jeu commence doucement avec une phase d’enquête : les joueurs récoltent les différents indices et éléments dont ils auront besoin pour comprendre le contenu de chaque potion. Mais c’est quand il faut résoudre les énigmes que la partie se corse : chaque coffre, chaque feuille et même chaque clé renferme son lot de secrets.

Après être venus à bout de toutes les énigmes, le jeu se termine en beauté avec l’épreuve du feu : boire la ou les bonnes potions. 

Mais la conclusion est des plus dramatiques : seuls deux joueurs réussissent à boire le bon breuvage, tandis qu’un joueur pris aux dépourvu par les manigances environnantes succombe à la maladie. Le dernier joueur, s’étant improvisé barman, consomme un mélange de potions de son crû et se transforme en une magnifique sirène. 

Un grand merci à eux pour leur participation et bravo à nos deux gagnant.e.s !

Floraya,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #17

Dans le cadre de son parcours Diplôme Universitaire Fabmanager, Nathalie nous propose de revenir sur un atelier d’animation de communauté qu’elle a mené au FacLab.

Née en Inde autour du XIVe siècle, la technique de l’impression avec des blocs de bois dite aussi «block print» est revisitée dans les années 70 lors du mouvement hippie Le principe est simple : on réalise un tampon en bois sculpté et gravé à la main qu’on enduit ensuite d’encre ou de teinture végétale pour embellir et rendre unique un support au choix. Nous avons choisi de faire notre atelier avec du textile, support le plus courant pour ce type d’impression. L’application du tampon permet de reproduire à l’identique des motifs sur des grandes et des petites surfaces. En Inde, chaque motif et chaque couleur est associée à une signification propre. 

Pour ma part, après des tests sur du bois aggloméré, j’ai choisi de créer mes tampons sur du caoutchouc naturel compatible pour les découpeuses laser. 

J’ai préféré utilisé le caoutchouc pour effectuer les tampons pour un côté pratique lors de l’atelier : possibilité de changer plus facilement de couleurs en lavant à l’eau et de tamponner plus facilement. En effet j’ai effectué la découpe et la gravure de quelques tampons en bois : pour bien tamponner il faut mettre une serviette en éponge en dessous du textile et laver les tampons en bois n’est pas aisé.

Pour l’encre, j’ai acheté les encres végétales conseillées par l’atelier du tampon à Paris 15 qui ont aussi une découpeuse laser Trotec et on pu me montrer l’impression textile. J’ai également décidé de faire l’essai d’un encrage du tampon à l’aide de feutres textiles. Cette option a l’avantage de n’encrer que les zones voulus et d’éviter les bavures sur les bords du tampon. Grâce à des conseils avisés, j’ai mis de la mousse 3D pour donner un amorti et que l’application de l’encre soit plus simple.

Ces recherches m’ont permis de découvrir comment la machine numérique — la découpeuse laser — peut être un outil facilitateur pour l’artisanat sans être un frein pour la créativité.

Ainsi, j’ai réalisé une dizaine de tampons en choisissant le thème du Japon.

Lors de l’atelier, il y avait 3 participantes, le fabmanager du FacLab et moi-même. J’ai proposé de montrer l’ensemble du processus de gravure laser des tampons afin de se rendre compte que cette machine est facile à utiliser avec le fichier créé en amont sur Inkscape.

Puis nous nous avons dégusté du thé japonais dans la salle conviviale pour faire connaissance.

Ensuite, nous nous sommes lancés dans des essais d’impression textile sur des tote bags : il y avait les tampons crée avec du caoutchouc puis collé avec de l’adhésif 3M sur un bloc de bois, des tote bags blancs, de la peinture textile pour tampon, des feutres textiles.

Cela a été un moment de convivialité dans les espaces du lab, un lâcher-prise sans jugement sur la créativité. Autour d’échanges sur la composition, j’ai pu recevoir des conseils avisés des participantes pour pouvoir reproduire à la main une magnifique calligraphie et accompagner les motifs des tampons choisis. Cela a permis d’associer la production numérique avec un geste manuel d’écriture. Le tampon lui-même permet de nombreuses modulations manuelles et d’effets selon la pression que l’on exerce sur le tissu. Les participantes ont pu tester cela et échanger sur leurs expérimentations

Voici un exemple de deux tote bags magnifiquement réalisés.

Nous nous sommes rendus compte de l’immense possibilité de la gravure laser pour développer ce genre de technique, reproduire un motif de broderie traditionnelle, les initiales d’une entreprise etc…

De multiples projets en perspectives!

La partir « lab » a pris tout son sens dans le mot fablab : on teste des techniques grâce aux machines, aux outils, aux conseils des fabmanagers et on ne s’arrête plus car on découvre sans cesse au fur et à mesure que l’on fait. Tout est possible du moment que l’on veille à la sécurité. On a le droit de se tromper et de recommencer.

C’est le regard que l’on porte sur l’œuvre réalisée qui nous guide alors dans le processus de fabrication.

Il était prévu dans cet atelier de réaliser soi-même les encres végétales mais, prise par le temps, je n’ai pas pu obtenir de résultats satisfaisants. C’est un autre challenge qui m’attend pour poursuivre les expérimentations!

Ingrédients nécessaires à cet atelier

Moyens matériels 

  • salle Conviviale du FacLab avec sa cuisine chaleureuse.
  • Tampons réalisés à la gravure laser sur caoutchouc Trodat avec support en bois
  • 7 encres textiles achetées à Rougier et Plé et à l’Atelier du tampon Paris 15e
  • 6 tote bags blancs (1 par participant·e)
  • un spray avec de l’eau pour nettoyer
  • un chiffon
  • une bâche de protection pour la table
  • préparation des fichiers sur Inkscape
  • découpeuse laser Trotec 300 et l’ordinateur (Corel Draw)
  • thés japonais
  • tasses (notamment crées et fabriquées au FacLab!)

6 participant·e·s maximum

1 animatrice

Durée de l’atelier : 2h minimum

Nathalie,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #17

Dans le cadre de leur parcours Diplôme Universitaire Fabmanager, Anaïs, Floraya et Nathalie nous propose de revenir sur la table ronde qu’elles ont organisées.

L’objectif de cette table ronde était multiple : dresser un état des lieux de l’accessibilité dans les fablabs, partager les solutions déjà développées pour rendre les espaces, logiciels et machines plus inclusifs, et présenter les accompagnements (formations, outils, etc.) disponibles pour soutenir les contributeurs et contributrices au sein de ces lieux. Enfin, cette rencontre visait à interroger nos engagements en tant que Fab Managers, afin de renforcer l’inclusion des personnes en situation de handicap.

Pour préparer cette discussion, nous avons conçu un questionnaire visant à recueillir des informations sur les initiatives et dispositifs existants dans les fablabs pour favoriser l’inclusion, ainsi que sur les défis rencontrés. Les réponses obtenues ont permis d’esquisser un premier bilan, que nous avons partagé lors de la rencontre.

Afin de dynamiser les échanges, nous avons opté pour un format interactif : une table ronde intégrant un quiz conçu via Ahaslides, permettant aux participant·e·s de s’impliquer de manière ludique.

Pour animer cette réflexion, nous avons eu le plaisir d’accueillir deux intervenants inspirants :

  • Hugues Aubin, cofondateur du Labfab de Rennes, de Humanlabs, de Makers Nord-Sud, de la Forge d’adaptations Nord-Sud et du Climate Change Lab. Son expertise, notamment dans le développement de projets liés au handicap, a apporté un éclairage précieux.
  • Perrine Lacaille, art-thérapeute et FabManageuse à La Cité culturelle Barthélemy Durand. Engagée dans des projets et chantiers participatifs impliquant des publics en situation de handicap, elle a partagé son expérience de terrain et ses retours concrets.

Nos intervenant·e·s ont souligné plusieurs enjeux majeurs auxquels les fablabs sont confrontés pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel :

  • L’adaptation à un public aux besoins variés : Il est essentiel de s’adapter aussi bien aux personnes dont la déficience est récente qu’à celles qui vivent avec depuis la naissance. Chaque situation nécessite une approche personnalisée.
  • L’innovation pour fidéliser le public : Une fois que les personnes ont franchi le pas de venir dans un fablab, il est crucial de leur donner envie de rester. Cela passe par des solutions innovantes et adaptées à leurs attentes.
  • Sensibilisation du public qui n’est pas en situation de handicap en attisant leur curiosité via des petites initiatives (gommettes sur les claviers, signalétique visible, visites, etc…)
  • Le manque de documentation open source : Les aménagements développés par chaque fablab pour répondre aux besoins spécifiques de leur public ne sont pas toujours partagés. Cela limite la mutualisation des bonnes pratiques et des solutions existantes.
  • L’adaptation humaine et organisationnelle : Les Fab Managers doivent faire preuve d’une compétence naturelle pour s’adapter à leur public, en proposant des parcours personnalisés, un accueil spécifique et des créneaux adaptés à leurs besoins.

Voici les solutions identifiées lors de nos recherches et évoquées pendant cette rencontre, concernant l’accessibilité des espaces, des logiciels, des machines, ainsi que les formations disponibles pour accompagner les Fab Managers dans une démarche d’inclusion .

ACCESSIBILITÉ DES ESPACES :

Pour rendre les fablabs accessibles à toutes et tous, plusieurs aménagements peuvent être mis en place :

  • Signalétique multisensorielle :
    • Visuelle : Utilisation de pictogrammes clairs et universels pour faciliter la compréhension.
    • Tactile : Ajout de signalétique en braille pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes.
    • Audio : Intégration de QR codes redirigeant vers des descriptions vocales pour guider les visiteurs.
  • Repérage dans l’espace :
    • Installation de buzzers sonores pour aider à la localisation dans les espaces.
    • Éclairage homogène avec des contrastes élevés et des caractères de grande taille pour améliorer la lisibilité.
  • Aménagements spécifiques :
    • Création d’un parcours adapté aux personnes autistes pour une découverte progressive et rassurante de l’espace.
    • Mise en place d’espaces « bulles » pour offrir des moments de calme et de sérénité.
    • Bandes de couleurs sur les marches pour faciliter le repérage et éviter les chutes.
  • Outils d’orientation :
    • Plan tactile disponible à l’entrée pour permettre une exploration autonome de l’espace.
  • autonome de l’espace.

ACCESSIBILITÉ NUMÉRIQUE :

Pour rendre les outils numériques accessibles à tous, plusieurs solutions logicielles et matérielles existent :

Lecteurs d’écran

  • NVDA : Lecteur d’écran libre pour Windows, compatible avec des extensions braille.
  • Orca : Lecteur d’écran libre pour Linux, conçu pour faciliter la navigation.
  • VoiceOver : Lecteur d’écran intégré et libre pour les systèmes Mac.

Logiciels de création accessibles

  • Inkscape : Logiciel de design vectoriel avec l’extension « Accessible Inkscape » (en développement).
  • Blender : Logiciel de modélisation 3D avec l’add-on « Screen Reader Support », tutoriel pour une prise en main accessible.
  • LibreCAD : Logiciel de CAO offrant une navigation complète au clavier.

Solutions tactiles et adaptées

  • TactileView : Outil de création de graphismes tactiles, largement utilisé dans le domaine éducatif (non libre).
  • Aciah Linux : Distribution Linux optimisée pour les personnes en situation de handicap.

Assistants numériques et communication

  • Life Companion: Assistant numérique open source conçu pour faciliter la communication et l’accès au numérique. Disponible sur GitHub, il propose une surcouche pour une navigation accessible, notamment pour les personnes malvoyantes.
  • Text To Speech : Outil de synthèse vocale en français, permettant de convertir un texte écrit en message vocal.

Projets et tutoriels accessibles

  • Arduino: Projets d’accessibilité développés par MyHumanKit, visant à créer des solutions matérielles adaptées.
  • LabBoite : Propose des tutoriels pour ses équipements et machines en langue des signes, afin de rendre les ressources accessibles à un public sourd ou malentendant.

ACCESSIBILITÉ DES MACHINES :

Pour rendre les machines des fablabs accessibles à un public diversifié, plusieurs solutions techniques et ergonomiques peuvent être mises en œuvre :

Interfaces adaptées

  • Interfaces simplifiées : Utilisation de panneaux de commande avec pictogrammes pour faciliter la compréhension et l’utilisation des machines.
  • Commandes vocales : Bien que encore rares, ces technologies sont prometteuses pour permettre une interaction sans contact physique.

Retours sensoriels alternatifs

  • Feedback audio ou haptique : Pour remplacer les indications visuelles, ces retours permettent aux utilisateurs de recevoir des informations par le son ou le toucher.
    • Le retour haptique utilise des vibrations pour offrir un retour sensoriel, renforçant ainsi l’interaction avec les interfaces, notamment pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes.
  • Prévisualisation 3D avec commentaires audio : Une solution innovante pour guider les utilisateurs dans la conception et la manipulation d’objets en trois dimensions.

Périphériques spécialisés

  • Claviers adaptés : Conçus spécifiquement pour les personnes malvoyantes, ces claviers facilitent la saisie et la navigation.
  • Boutons physiques alternatifs : Pour les personnes ne pouvant pas utiliser une souris, ces dispositifs offrent une alternative tactile et accessible.

PROJETS DÉVELOPPÉS :

Plusieurs projets concrets ont été développés pour faciliter l’inclusion des personnes en situation de handicap dans les fablabs. Voici quelques initiatives marquantes :

Outils pour l’autonomie et l’apprentissage

  • Braille Rap : Un projet pour fabriquer une machine à écrire en braille, permettant aux utilisateurs de produire du texte en relief de manière autonome.
  • Gabarit d’identification : Conception d’un outil pour identifier vis, écrous et forêts par le toucher, facilitant ainsi leur sélection et leur utilisation.

Technologies d’adaptation numérique

  • Image2Touch : Logiciel développé par des makers pour transformer une image en fichier 3D, rendant les visuels accessibles aux personnes malvoyantes grâce au toucher.
  • Projet BASICA (Boîtier Aide Sélection Interface Contrôle Adapté) : Dispositif conçu pour tester différentes interfaces de contrôle, offrant aux personnes en situation de handicap la possibilité de choisir l’outil le plus adapté à leurs besoins.

Exploration tactile et protection

  • Découverte tactile des machines : Une approche pédagogique pour faire découvrir le fonctionnement interne des machines numériques par le toucher, rendant la technologie plus accessible.
  • Équipements de Protection Individuelle (EPI) adaptés : Utilisation de lunettes à verres polarisants pour protéger les yeux tout en améliorant le confort visuel des utilisateurs.

Pour accompagner les Fab Managers dans leur démarche d’inclusion, plusieurs formations sont disponibles, qu’elles soient généralistes ou spécifiques au contexte des fablabs.

COMPÉTENCE & FORMATIONS

Pour accompagner les Fab Managers dans leur démarche d’inclusion, plusieurs formations sont disponibles, qu’elles soient généralistes ou spécifiques au contexte des fablabs.

Formations en accessibilité numérique

  • Access42: Organisme spécialisé dans les formations sur l’accessibilité numérique, proposant des modules adaptés aux professionnels.
  • MOOC Accessibilité numérique de l’INRIA: Formation en ligne gratuite pour comprendre et appliquer les bonnes pratiques en matière d’accessibilité.

Formations spécifiques aux fablabs et à la médiation

  • TechLab – APF France Handicap: Formations axées sur l’adaptation des espaces et des outils dans les fablabs pour un public en situation de handicap.

Formations sur les handicaps en général :

  • Centre de Ressources Handicap Formation (CRHF) : Propose des modules pour mieux appréhender les différents types de handicaps et adapter les pratiques d’accompagnement.

Lors de cette rencontre, il nous a également été recommandé de nous référer aux normes d’accessibilité numérique WCAG (Web Content Accessibility Guidelines), notamment les niveaux AA et AAA. Ces normes internationales définissent des critères précis pour rendre les contenus et les espaces numériques accessibles à tous, y compris aux personnes en situation de handicap. Elles constituent une base essentielle pour guider les démarches d’inclusion dans les fablabs.

Floraya, Nathalie, Anaïs,
apprenantes du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #17

Notes : en photo de une de cet article, de gauche à droite : Floraya, Perrine et Anaïs.


Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Anna nous propose une vidéo présentant une action menée par l’Atelier Solidaire de Saint-Ouen lors de la Foire du Landy en 2025.
Il s’agissait ici de retransformer des objets usagers en lingot d’aluminium prêt à l’emploi.

L’atelier solidaire de Saint-Ouen moteur de transition à propulsion humaine

Voici une rapide présentation de l’atelier :

l’atelier vélo

L’atelier-vélo constitue le cœur d’activité de l’association. C’est l’outil d’une transition logistique vers la mobilité douce. Comptant sur les déplacements locaux, on préfère à la voiture thermique les vélos, les tricycles et autres cargos, à propulsion musculaire et électrique.

« Mais si on veut transporter du matériel, le vélo, ça ne marche pas » pourraient dire quelque râleur. Mais si, Monsieur ! L’Atelier loue à prix libre des remorques en accès libre, grâce à un système de boîte à clef. Un degré de liberté dont cell·eux qui l’ont testé ne peuvent plus se passer.

Les adhérent·es peuvent venir réparer leur véhicule selon trois modalités au coût modique : en autonomie, gratuitement, en utilisant les outils et l’équipement de l’atelier, en payant les pièces détachées à prix libre pour l’occasion recyclée par les membres de l’asso, ou à prix fixe quand on ne peut pas faire autrement que remplacer l’ancien par le neuf ; avec l’accompagnement technique d’un·e mécanicien·ne professionnel·le, (Daniel, Lucie) ou d’un bénévole expert (Jean-Louis, Massyle, Alexandre, et les autres 🙂 ; On bricole soi-même, mais on en apprend beaucoup au tarif imbattable de 5€ par tranche d’une demi-heure, et comme ça, la prochaine fois, on réparera la panne tout·e·x seul·e·x et gratis pro deo! par le recours aux prestations des membres, moyennant un tarif modique.

Non seulement l’atelier vélo offre un rayon de mobilité accessible à toutes les bourses, sans carbone ni atome, mais aussi un rayon de convivialité, d’entraide, de rencontre humaine et d’exploration technique. Pas des rayons de supermarché, mais des rayons vélo, qu’on répare à la mesure de ses compéténces et avec l’aide de celleux qui en ont de meilleures. Des rayons de ruche, où on se fait cheville ouvrière parmi celleux qui sont là, et où on engrange des richesses pour la communauté à mesure qu’on en prend pour soi.

En effet, si la petite reine attire bien des novices, cell·eux-ci, une fois rôdé·es à la pédale et au frein, ne peuvent manquer d’explorer les autres rayons que sont la Bricobox, atelier de réparation tout azimut, et le fablab, son pendant numérique.

la brico-box

C’est l’atelier de bricolage sur des matériaux traditionnels tels que le bois, le métal et leurs dérivés. C’est une petite pièce pourvue d’outils manuels, électriques et électroportatifs, d’équipements de sécurité individuels, et de consommables.

La plupart des machines nécessite un parcours initiatique, car sans initiation, le ou la ou lx novice risque d’y laisser des doigts, voire pire si pas d’affinité. Mais une fois passée l’épreuve, l’autonomie est sans réserve.

l’atelier de réparation

Actuellement, parce qu’Ahmed, un bénévole retraité aux talents de bidouilleur électronique, électrique et mécanique, anime un atelier hebdomadaire (le vendredi après midi), libre à chacun·e·x de tenter la remise en état d’un appareil hors d’usage. Pas de garantie de réussite, mais les compétences hors-pair d’un mec qui aime s’y coller jusqu’à ce que ça marche, et c’est le cas la plupart des fois.

le fablab

Des postes informatiques tournant sous Linux, des machines pas dernier cri mais solides et accessibles au tout venant après initiation préalable (quand besoin est), le fablab est là comme un plâtre sur la fracture numérique, comme un tremplin pour qui veut s’y élancer, comme une ressourcerie, un camp de base pour se faire la main.

Des rendez-vous cycliques, ancrés dans le terreau local

Le planning de l’Atelier solidaire fluctue d’une semaine à l’autre. C’est la rançon de l’indépendance, car le fonctionnement de chaque atelier dépend de qui parmi les bénévoles veut bien l’animer. Mais on ne perd jamais une occasion de faire bonne chère et de partager enthousiasme et savoir, par la participation à des apéros, des manifestations et des festivals locaux.

Anna Belhalfaoui,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #16.

Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Karam nous propose un article sur la pratique maker et la confiance en soi.

Et si fabriquer, c’était aussi se réparer ? Les fablabs sont souvent présentés comme des lieux de fabrication, d’innovation technologique ou de prototypage rapide. Mais derrière les machines et les plans 3D, il s’y passe autre chose de plus intime, de plus profond : on y (re)construit aussi des trajectoires humaines. Car dans ces espaces ouverts, accessibles, collaboratifs, on réapprend parfois à croire en soi.

Fabriquer, c’est faire l’expérience de sa capacité à agir

Entrer dans un fablab, c’est découvrir un univers d’outils, de matériaux et de machines parfois intimidants au premier abord. Pourtant, très vite, les barrières tombent. On apprend à manipuler, à tester, à se tromper et surtout, à oser.

À travers un projet, aussi simple soit-il (réaliser un objet en bois, imprimer une pièce cassée, créer un prototype…), chacun fait l’expérience d’un pouvoir d’agir retrouvé. On passe du “je ne sais pas faire” à “j’ai réussi à le faire moi-même”. Et ce changement de posture est souvent décisif pour reprendre confiance.

Un lieu d’accueil, de bienveillance et de valorisation

Ce qui fait la différence dans un fablab, ce n’est pas uniquement l’équipement, c’est l’ambiance. Dans cet espace partagé, on apprend sans être jugé, on avance à son rythme, on reçoit de l’aide, et surtout : on valorise les essais autant que les réussites.

C’est un lieu où l’on a le droit de ne pas savoir, de poser des questions “bêtes”, de recommencer plusieurs fois. Pour des publics souvent éloignés du monde numérique ou de la fabrication (jeunes en décrochage, adultes en reconversion, personnes en difficulté), cette approche pédagogique par le “faire ensemble” peut être un vrai déclic.

Le rôle du fabmanager : plus qu’un technicien, un médiateur

Dans ce processus de reconquête de soi, le rôle du fabmanager est central. Il ou elle n’est pas juste un expert technique. C’est un passeur, un facilitateur, parfois un révélateur de talents. Par sa posture d’écoute et de transmission, il contribue à créer un environnement de confiance, propice à l’expérimentation et à l’estime de soi.

En valorisant les petites victoires, en adaptant l’accompagnement, le fabmanager devient un acteur clef de ce que l’on pourrait appeler une “réparation symbolique” : celle de l’image que chacun a de ses propres capacités.

Le fablab, un tremplin vers la confiance et l’autonomie

Reprendre confiance en soi, ce n’est pas un processus instantané. Mais dans un fablab, les graines sont semées : celles de la curiosité, de la créativité, de l’envie d’apprendre et d’agir. Ce sont aussi des lieux où des vocations peuvent naître, où des parcours peuvent se réinventer.

Le fablab devient alors bien plus qu’un atelier technique. Il devient un espace d’émancipation, un lieu où l’on découvre que faire de ses mains, c’est aussi se remettre en mouvement.

Karam,
apprenant du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #16

Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Anthony nous propose un article sur les fablabs et le handicap.

A travers cet article, je vous propose de pousser les portes du Makelab, laboratoire au service du handicap, et de rencontrer Julien, ergothérapeute maker.  

Fabriquer l’autonomie : l’ambition du Makelab d’Imphy 

Au cœur du foyer APF d’Imphy, dans la Nièvre, le Makelab n’est pas un atelier comme les autres. C’est là que Julien, ergothérapeute passionné, transforme la technologie en levier d’émancipation. Grâce à la fabrication numérique, il invente des objets sur mesure qui permettent à ses patients de dépasser les obstacles du handicap. Plus qu’un simple accompagnement, il leur ouvre un chemin vers plus d’autonomie, de confiance et de liberté. 

Genèse et structuration du Makelab 

Le projet a vu le jour en 2016, porté par la vision de Julien. Passionné de fabrication numérique et habitué, avec quelques résidents du foyer, du Fab’N’Lab de Clamecy, il a su transmettre son enthousiasme. Grâce à sa détermination, il a convaincu son employeur, l’APF, ainsi que des partenaires institutionnels comme le Conseil Général de la Nièvre, de croire en ce lieu innovant et porteur de sens. 

En 2017, un cap est franchi. Julien suit une formation dédiée à l’usage de l’impression 3D en ergothérapie, dispensée par Guy Ehretsmann. Cette rencontre nourrit et structure l’ambition du projet. Le Makelab prend alors une nouvelle dimension : une imprimante 3D Zortrax M200 et un scanner Einscan-SE viennent équiper l’espace. En 2018, un temps d’animation spécifique est reconnu (0,2 ETP), donnant à Julien les moyens de faire vivre le lieu, de l’animer. Enfin, en 2019, le Makelab rejoint la communauté RehabLab, s’inscrivant dans un réseau plus large d’initiatives où la fabrication numérique devient un véritable levier de dignité, d’autonomie et de lien social. 

Fablab et ergothérapie : ce n’est pas automatique ! 

On pourrait croire que les Fablabs et l’ergothérapie font naturellement bon ménage. Après tout, les outils de fabrication numérique semblent parfaitement adaptés à la création d’aides techniques personnalisées. Pourtant, dans les faits, cette rencontre ne va pas de soi. 

À l’Institut de Formation en Ergothérapie de Nevers, Julien propose des enseignements optionnels autour de l’impression 3D. Ces ateliers permettent aux étudiants de découvrir le potentiel du prototypage rapide dans leur futur métier. Mais cette approche reste encore à la marge : intégrer la fabrication numérique dans la pratique ergothérapique demande un vrai changement de posture, de nouveaux apprentissages, et surtout, du temps. 

Le Fablab peut être un formidable outil au service des ergothérapeutes, à condition d’être envisagé comme un espace de co-construction et d’expérimentation, pas comme une solution toute faite. La technologie seule ne suffit pas : c’est l’ouverture, la curiosité et la collaboration qui permettent de transformer les idées en projets concrets et utiles. 

Un réseau : le Rehab-lab 

Le Rehab-Lab est un Fablab intégré, pensé spécifiquement pour la conception et la fabrication d’aides techniques personnalisées à destination des usagers de structures de soins ou médico-sociales. Né en février 2016 au Centre Mutualiste de Kerpape (Lorient), en étroite collaboration entre le Lab d’Assistances Technologiques et les services d’ergothérapie, il a rapidement fait ses preuves. Deux ans plus tard, face à l’intérêt croissant d’autres professionnels, une première formation est lancée, donnant naissance à une véritable communauté : celle des Rehab-Lab, des Fablabs solidaires, spécialisés et ouverts à l’innovation en santé. L’impression 3D y occupe une place centrale. Plus accessible que les méthodes traditionnelles, elle permet une adaptation fine, une esthétique soignée, une fabrication rapide et peu coûteuse. Surtout, elle redonne du pouvoir d’agir aux patients eux-mêmes, en les impliquant dans la création de leurs propres dispositifs, via des outils numériques plutôt que par la manipulation de matériaux physiques. Pour Julien, faire partie de cette communauté, c’est élargir son champ d’action, partager des pratiques, rester en veille technique, mais aussi humaine. Car le Rehab-Lab n’est pas qu’un lieu de fabrication : c’est un espace de collaboration, d’autonomie et d’innovation, au croisement de l’ergothérapie et de la culture maker. 

Et l’intelligence artificielle ? 

Alors que l’intelligence artificielle s’infiltre progressivement dans tous les pans de la société, la question de son impact sur la santé mentale des patients commence à émerger, notamment dans le champ de l’accompagnement thérapeutique. Pourtant, du côté de l’ergothérapie, cette révolution technologique semble encore à la marge. La profession, centrée sur la relation humaine, le sur-mesure et le quotidien vécu, peine à trouver sa place dans un monde où les algorithmes prennent de plus en plus de décisions. Si certains y voient une opportunité pour enrichir les pratiques et alléger certaines tâches, d’autres alertent sur les risques : perte de repères, standardisation des prises en charge, voire renforcement de l’isolement pour des publics déjà fragilisés. L’ergothérapie, en tant que discipline profondément ancrée dans le réel, interroge donc avec prudence les apports possibles de l’IA, sans perdre de vue l’essentiel : l’humain avant tout. 

Exemples de projets 

Joytojoy : Un dispositif d’assistance conçu pour ajouter des fonctionnalités de souris ou de joystick de jeu vidéo au contrôleur de fauteuil roulant électrique. Projet open source développé par Julien.

https://hackaday.io/project/186678-joytojoy 

DRAG, dispositif d’aide à l’écriture et au dessin
Un dispositif d’aide à l’écriture et au dessin permettant aux utilisateurs d’écrire ou de dessiner sans avoir à serrer les doigts.

https://www.makersmakingchange.com/s/product/drag-assistive-writing-and-drawing-device/01tJR0000037zufYAA 

Makergo :  un bras robotisé pour aider à la prise de repas en autonomie pour les personnes rencontrant des difficultés de préhension.

https://www.comptoirdessolutions.org/innovation/makergo/ 

Ressources 

https://www.facebook.com/makeLabImphy

https://rehab-lab.org

https://www.makersmakingchange.com

Anthony,
apprenant du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #16

Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Jean-Pierre nous propose un article sur la robotique à destination des publics jeunes.

J’ai été sollicité au début du mois de mai par mes amis Manon et Sébastien, membres du LAB d’Aix en Provence comme moi, pour participer à une animation en partenariat avec le Consortium ITER, cette animation étant elle-même intégrée au projet SteamCity dont le LAB est partenaire.

Cette animation s’est déroulée le 22 mai 2025 au sein de l’école d’ingénieur Polytech de Château Gombert près de Marseille, pendant la 14 ème édition de la Coupe de Robotique ITER, réunissant cette année près de 600 personnes.

Cette événement organisé par le consortium ITER propose à des scolaires, dont le niveau s’échelonne du CM2 à la classe de Terminale, à se challenger lors d’épreuves de robotique pensées par les organisateurs et ayant pour cadre le projet ITER.

Ces défis que relèvent les enseignants et leurs élèves, sont variés :

  • Concevoir et programmer un robot capable de transporter un composant sur un trajet prédéfini,
  • S’adapter aux changements de dernière minute,
  • Elaborer un dossier technique,
  • Présenter une épreuve de culture générale qui passe en revue l’histoire, la géographie et la culture des pays membres d’ITER.

Les épreuves de robotique sont de difficultés croissantes en fonction du niveau des élèves, exception faite des classes de CM2 qui ont une épreuve de suivi ligne avec le robot THYMIO imposé.

On peut donc suivre des épreuves de :

  • WAYS : mobilité et vitesse
  • TRANSPORT : performances de suivi de ligne et de transport (tirer-pousser pour les robots Thymio).
  • PICK AND PLACE : opérations de prise et de dépose de pièces d’un point A vers un point B.
  • CO-OPERATE : combinaison des épreuves Transport et Pick and Place.
  • DESSIN pour les classes de CM2 uniquement.

Mais cette magnifique journée printanière et cette ambiance bon enfant ne devaient pas nous faire oublier la raison de notre présence à cet événement.

L’animation proposée par le LAB dans le cadre du projet SteamCity, devait permettre au consortium d’observer comment les étudiants intéragissent avec l’apprentissage par investigation et comment ils réagissent à des scénarios de résolution de problèmes concrets.

Ce protocole d’apprentissage bio-inspiré a été adapté en un format pratique et autonome, utilisant une grille 6×6, un robot de style rétro, des jetons de récompense ( dans ce dernier cas, nous avions choisi des bonbons afin “d’attirer” le public que nous devions convaincre. Je sais cela n’est pas très fair-play) et un système de feedback (comprenant une fiche mémoire pour les élèves et des informations contextuelles à transmettre oralement pour ouvrir les discussions sur l’objectif de l’activité).

Un travail réalisé en amont, en étroite collaboration avec les organisateurs du concours de robots ITER, a permis une intégration de cette activité au programme de l’événement, garantissant ainsi une rotation fluide des groupes d’étudiants et un espace suffisant pour l’activité.
Nous avons préparé la veille tout le matériel nécessaire au sein des locaux du LAB. J’ai aussi été briefé afin d’assurer la cohérence de l’animation. L’accent a été mis sur le développement de la pensée critique et l’intégration de l’activité au contexte plus large de l’IA. Le jour J un stand fonctionnel et accueillant dédié au L.A.B. a été créé dans l’espace événementiel. Il comprenait les tapis d’apprentissage, le matériel, les supports visuels et un espace suffisant pour faciliter le travail de groupe et les discussions. Une signalétique claire et la présence d’un animateur ont permis de garantir l’accessibilité et la fluidité de l’activité pour les participants.

Nous avons proposé cette activité de 9h00 à 14h00. Celle-ci était intégrée au programme de la compétition et les élèves ont pu y participer en groupes tournants de 3 à 6 élèves pendant les pauses du programme principal de la compétition.

Chaque groupe d’élèves ont suivi un protocole consistant à une exploration libre de la grille en partant d’un point A connu pour atteindre un point B inconnu, leurs déplacements dans l’espace se faisant par essais et erreurs. Ils découvraient au fur et à mesure l’emplacement des obstacles et des récompenses, sans connaissance préalable de la disposition de la grille. En tant qu’animateur, je ne fournissait que les modalités de déplacement sur la grille, l’objectif de la tâche mais aucunes instructions sur la marche à suivre, afin d’encourager la découverte autonome.

Ci-dessus, à gauche la fiche animateur avec la case départ soulignée en bleu et la case arrivée soulignée en vert et à droite la fiche fournie aux élèves comportant juste la case départ.

Tandis que les élèves progressent pas à pas sur la grille 6×6, les animateurs donnent un feedback après chaque déplacement : une récompense (un bonbon) pour avoir atteint une case sûre, ou une réinitialisation (perdre tous les bonbons et recommencer depuis le début) lorsqu’un obstacle est rencontré. Ce mécanisme stimule le processus d’apprentissage par essais-erreurs et la nécessité d’adapter les stratégies en fonction des retours, créant ainsi un environnement d’apprentissage stimulant et ludique.

Une fiche mémo était à la disposition des élèves, favorisant ainsi diverses stratégies.(enregistrement de leurs mouvements, notation de l’emplacement des obstacles, etc …). Cet élément favorisait les approches individuelles ou collaboratives de résolution de problèmes, conformément aux principes d’apprentissage par investigation.

Après la séance de jeu, nous avons mis en place une phase de compte-rendu afin d’encourager les élèves à réfléchir aux stratégies utilisées, à l’importance des retours et à l’évolution de leur compréhension au fil du jeu. C’est à cette étape que nous introduisions le parallèle avec l’apprentissage bio-inspiré et l’IA, expliquant comment les humains et les machines apprennent en adaptant leur comportement grâce à des retours itératifs. Et pour que les élèves puissent faire le lien avec des défis concrets, tels que la robotique, la prise de décision par IA et la résolution de problèmes dans des environnements complexes.

Au final, cette activité a mobilisé avec succès 292 étudiants, offrant ainsi une expérience d’apprentissage pratique, basée sur l’enquête et reliant le gameplay à la réflexion critique sur l’IA et ses applications.

Ces deux jours ont été pour moi une expérience extrêment enrichissante, avec l’élaboration des supports, la prise en main et la mise en place de cette activité. Travailler avec un jeune public s’avère toujours un défi pour moi. Même si pour beaucoup d’entre nous, futur fabmanager, cette tâche peut sembler effrayante, elle n’en est pas moins la plus formatrice.

Pour conclure, j’ai passé une excellente journée. La passion pour la robotique, cet esprit d’entreprise et d’invention, plus que la compétition, me fait penser que nos fablabs ont de beaux jours devant eux, si nous arrivons bien sûr à attirer ce public autrement qu’avec des bonbons.

J’aimerais remercier mes amis Manon et Sébastien d’avoir pensés à moi pour les aider dans cette entreprise. Tous mes remerciements aux équipes du consortium ITER et de l’école d’ingénieur PolyTech de Château Gombert pour leur accueil et leur gentillesse et tout pour m’avoir permis de rencontrer un héros de Blockbuster.

Jean-Pierre MARTIN,
apprenant du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #16

Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Flore nous propose une visite du fablab montreuillois dans lequel elle a effectué son stage en novembre et décembre 2024.

Flore LIMACHER,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #15.




J’ai toujours été particulièrement intéressée par les tiers-lieux, les valeurs qu’ils portent et transmettent, l’esprit collectif au service du collectif et de la communauté. Quand un FabLab est associé à cette dynamique, c’est le combo idéal pour créer, partager, apprendre, faire ensemble.

Le Château Éphémère, anciennement château Vanderbilt, détonne dans le paysage urbain de Carrières sous Poissy, classé zone prioritaire. Lieu patrimonial reconverti pour la création, il ne peut qu’inspirer ses artistes en résidence et offre au public, en plus de ces évènements, un éventail d’accès et d’initiations sur les technologies de demain.
Né d’une initiative de la GPSEO (Grand Paris Seine & Oise) et porté par l’association Vanderlab, le Château Éphémère s’inscrit dans une démarche ambitieuse de développement culturel autour de la fabrication sonore et numérique. Le Château Éphémère accueille chaque année plus de 50 résidences artistiques, au croisement des arts numériques, visuels et sonores.
Issus du milieu de la recherche, des arts sous toutes ses formes, et du monde des makers, leurs artistes sont porteurs de projets qui interrogent, expérimentent, explorent l’impact des innovations technologiques sur nos vies avec des créations qui ne vous laissent généralement pas indifférents, vous transportent dans leur univers et qu’ils partagent lors des évènements du Château (performances, installations, concerts, projections…)

Leur FabLab représente selon moi le trait d’union entre l’artiste et le public.
Espace d’expérimentation pour l’un et d’apprentissage pour l’autre, le Fablab du Château les connecte.

En témoigne Amélie Samson, artiste en résidence :
Son projet : elle place au centre de sa pratique la co-création dans un réseau qui se compose aussi bien d’entités humaines que non-humaines comme les machines. Très tournée vers le numérique, elle développe des projets qui lui permettent de questionner et contester la manière dont les technologies entrent dans nos vies et les limites qu’elles imposent. Pourtant, ses projets démontrent aussi que les possibilités du monde virtuel ouvrent de nouveaux champs d’expérimentation. À travers l’utilisation de techniques traditionnelles (dessin, céramique) et contemporaines (électronique, fabrication assistée par ordinateur), elle dresse un pont entre analogique et numérique, tout en interrogeant les interactions homme-machine.

En quoi le fablab du Château Éphémère a-t-il enrichi ou transformé ton approche créative ?
« Pouvoir expérimenter ses idées instantanément en résidence d’artiste est un bel atout. Cela permet d’avancer plus vite, d’éliminer certaines pistes et d’en poursuivre d’autres chaque jour. Les temps de résidence sont courts et doivent être intenses pour bien avancer dans son projet. Avoir un fablab disponible au Château juste à côté de mon atelier m’a permis d’avancer efficacement et d’identifier le processus créatif qui permet de donner forme à mes créatures. Le fablab est aussi un lieu de rencontre avec les autres artistes en résidences, les adhérents ou les acteurs de la vie du château. Ces rencontres permettent d’échanger ses idées et ses connaissances et de faire évoluer nos projets et nos approches respectives. Travailler dans un fablab permet de garder une ouverture sur le monde dans un moment où, en tant qu’artiste, on est parfois très concentré sur ses projets personnels.

Quels outils ou technologies disponibles dans le fablab as-tu trouvés les plus utiles pour ton projet ?
« J’ai divisé mon temps de résidence au Château éphémère en deux parties. Dans un premier temps, je me suis consacrée à identifier le processus permettant de donner un corps à mes créatures. J’ai commencé par enregistrer les sons parasites liés à nos usages numériques. Puis j’ai analysé les spectres, les représentations graphiques de ces sons, pour les passer en trois dimensions sur mon ordinateur. Cela créait donc des textures associées aux sons. Le but était ensuite d’utiliser ces textures pour créer la peau et les couleurs de mes créatures. Celles-ci sont réalisées en silicones afin d’être flexibles et de pouvoir leur donner un mouvement de « respiration » grâce à des pompes à air.
Je devais donc trouver un moyen efficace de donner forme à ces créatures en silicone. Pendant mes deux premières semaines, je me suis beaucoup servi des imprimantes 3D du fablab. Cela m’a permis de tester plusieurs processus de coulage de silicone dans des moules imprimés en 3D et d’identifier celui le plus efficace. Grâce à mes moules imprimés en plastique, j’ai pu tester les couleurs de silicone que je voulais obtenir, mais aussi les épaisseurs, les échelles…
Mes deux dernières semaines ont ensuite été consacrées à la partie pompe et électronique qui permet d’activer le dispositif et de faire bouger les créatures. L’avantage de la présence du Fablab directement au château est que j’ai pu avoir accès à tout un tas de matériel en lien avec l’électronique pour mener mes tests. Multimètre, fer à souder, petits éléments comme des résistances ou des leds, des breadboard et des câbles pour effectuer des branchements rapides, etc. Tester avec le matériel du Fablab m’a permis d’identifier les composants dont j’avais besoin et de commander ensuite ceux qui étaient adaptés à mon projet. »

Peux-tu partager un exemple concret où l’accès au fablab a joué un rôle dans la réalisation d’une œuvre ou d’un prototype ?
« Mon projet artistique repose entièrement sur l’utilisation de l’impression 3D. Cette technologie est nécessaire car elle me permet de créer des représentations fidèles et directes des sons que j’enregistre. C’est une démarche que l’on pourrait qualifier de « data-sculpture », j’utilise ici des données sonores caractéristiques de notre usage du numérique pour créer des formes en trois dimensions. Mais ce processus créatif est rendu possible uniquement grâce à l’utilisation de machines à commandes numériques. L’accès au fablab était donc nécessaire pour produire mon œuvre. Mon approche est double oscillant entre fascination pour la technologie, qui me permet de réaliser des moules imprimés extrêmement précis, et appréhension critique de ses implications dans notre société.
L’utilisation des machines du fablab pendant ma résidence m’a également permis d’identifier des contraintes techniques auxquelles je n’avais pas pensé avant. Par exemple, j’ai pu constater que certaines pièces coulées dans mes moules imprimés n’étaient tout simplement pas démoulables ! J’ai donc dû reconsidérer entièrement le processus créatif à plusieurs reprises. » [fin de l’entretien]

Les ateliers famille avec les artistes en résidence rendent accessibles des processus de création complexes. J’ai pu le constater lors de mon stage chez eux, avec Kévin Ardito proposant la création d’un jeu vidéo avec l’IA , d’une méduse 3D pour un atelier sur le milieu aquatique avec Julie Everaert.
Le fablab permet un apprentissage récréatif et concret des nouvelles technologies, tout en abordant l’aspect préventif sur son bon usage et l’univers qu’ils défendent.

Tout comme pour le public, le fablab est une porte ouverte à la création que même les artistes ne soupçonnent pas. Cela a été le cas pour ZWAÏ . Lors de leur entrée en résidence, avant de prendre leur quartier, il ont visité tous les espaces du Château. Leur atelier étant en face du fablab, ils ont été d’abord curieux de voir ce que l’on pouvait y faire, avec comme première pensée que ce n’était pas utile dans leur domaine. Après une initiation à la brodeuse numérique et le fait d’être voisin de palier un court instant au Château, ils s’initient aujourd’hui à différentes machines que ce soit pour personnaliser des vêtements ou imaginer la création d’éléments de décor qui pourraient enrichir leur scénographie.

bsh

Pluridisciplinaire, hybride, innovant, ce lieu mérite d’être connu.
Tout comme La Lanterne à Cergy Pontoise, une magnifique et atypique ancienne école réhabilitée en tiers-lieu culturel, fabrique de territoire, engagé dans l’éducation populaire. J’y verrais bien un petit fablab !

Laetitia SAUDRY,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #15.

Longtemps associés aux milieux urbains, les FabLabs s’implantent de plus en plus dans les territoires ruraux.
Ces espaces de fabrication numérique sont bien plus que de simples ateliers technologiques : ils constituent des lieux de créativité, d’innovation, de développement économique et de liens sociaux, indispensables aux habitants et au service des communautés locales.
L’Élabo de Bellême fait office de référence dans le Perche et plus largement dans le département de l’Orne.

L’isolement géographique et une densité de population moindre

Beaucoup d’usagers ont découvert le FabLab par bouche-à-oreille ou parce qu’ils en avaient besoin et non par hasard, au détour d’une rue comme en milieu urbain. Sans voiture, et installé à l’écart du centre ville, il faut pouvoir être mobile pour y accéder.

Une chance, Bellême fait partie des lieux touristiques incontournables du Perche. En plus du tissu local, ils captent aussi les résidents secondaires et les touristes de passage dans la région.

Accès annuel et formats personnalisés
Ouvert du lundi au samedi, toute l’année, excepté pendant les fêtes de fin d’année, cette disponibilité et cette amplitude font leur force. Se rendre disponible fait partie intégrante des valeurs qu’ils défendent.Contrairement aux sessions collectives pratiquées et appréciées en milieu urbain, le FabLab propose des formations personnalisées qui garantissent un apprentissage de qualité et plus adaptées à la demande de la population. Les adhérents, une fois formés, peuvent accéder au FabLab 24h sur 24, grâce à un badge.

Soutien à l’économie locale

Le FabLab joue un rôle crucial dans le développement économique et social. En milieu rural, où les ressources sont parfois limitées, il offre des services indispensables aux entreprises et aux entrepreneurs :

– Conception et personnalisation : Broderie pour des vêtements de travail, marquage de pièces mécaniques, étiquettes pour plantes.

– Support de communication : Goodies personnalisés, panneaux de signalétique pour des piscines ou des chemins balisés.

– Accompagnement des start-ups : Formations au e-commerce, référencement numérique, et assistance à la facturation.

Que ce soit les entrepreneurs, les artisans, les associations, les habitants, tous profitent des outils et savoir-faire du FabLab à des tarifs accessibles pour tous.

Vecteur d’éducation et de partage intergénérationnel

Club collégiens : Tous les mardis midi, des élèves apprennent à utiliser les logiciels et les machines, une chance que le fablab soit situé en face du collège.

Ateliers numériques : à l’Élabo ou dans toutes les communes aux alentours, les conseillers numériques luttent contre la fracture numérique, assez symptomatique en ruralité, renforcent les liens sociaux et parfois les amènent à aller plus loin dans l’apprentissage de nouvelles technologies.

Vision d’Avenir pour 2025

L’Élabo de Bellême aspire à :

– réduire la fracture numérique en proposant des formations inclusives pour les jeunes, les seniors et les plus démunis et isolés en élargissant leur champ d’action géographique ;

– encourager un numérique responsable grâce à la sensibilisation à la cybersécurité, au cyberharcèlement, à la lutte contre les fake news, et la promotion des low tech ;

– favoriser l’innovation avec des ateliers sur l’intelligence artificielle pour accompagner les entreprises locales ;

– renforcer l’éco-responsabilité en intégrant des pratiques durables et sobres dans toutes les activités.

Mais l’Élabo, c’est avant tout un rapport humain. Il existe un lien fort entre les usagers entre eux et avec l’équipe. Un contrat de confiance qui croît, comme le nombre d’adhérents, à taille humaine, à l’échelle d’un territoire.

J’ai tissé un lien profond avec cette équipe avant mon entrée au Faclab. Ce sont des personnes passionnées, accessibles et bienveillantes, prêtes à partager leur savoir et leur enthousiasme. Grâce à elles, j’ai pu découvrir et comprendre ce que représente véritablement un espace du faire : un lieu où le champ des possibles s’élargit grâce à des échanges humains riches et inspirants. Ce n’est pas seulement un espace de création, c’est un écosystème nourri par ceux qui transmettent, soutiennent et encouragent à chaque étape.

L’équipe : Thomas, responsable de l’Élabo, arrivé en 2018, formation sciences sociales, ancien consultant en dématérialisation. Théo, conseiller numérique, arrivé en 2021, formation en marketing, actuellement en formation CCP2 et CCP3 (certificat de compétences professionnelles en gestion d’espace public numérique). Léa, conseillère numérique, arrivée en 2024, formation en assistance de direction.

« L’Élabo a beau être technophile et promouvoir les usages numériques, on insiste sur le contact humain, l’échange en personne, la voix vive et le regard direct! Oui, on propose des interfaces de réservation sur internet, mais nos noms et numéros de téléphone portable sont publics et utilisés par nos adhérents et usagers pour régler des problèmes. Oui, on a envie de rendre les gens autonomes sur les machines, mais on est toujours disponibles pour les questions, les avis, les conseils. Les machines et le parc informatique du tiers-lieu fonctionnent bien, mais les gens viennent aussi chercher un contact bienveillant. D’ailleurs, on ne surveille pas, on ne contrôle pas… on fait confiance, et on n’a jamais eu de casse, de vols, de dégradation. »  Thomas

Cette approche attire l’attention d’autres FabLabs régionaux, comme La Ruche et Le Sillo de Verneuil-sur-Avre ou le futur tiers-lieu d’Andaine-Passais, venus s’en inspirer.
Cet article en lien m’a fait sourire. « La fablab » (sic) prouve que l’univers des makers, du faire ensemble est encore bien trop méconnu.

Laetitia SAUDRY,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #15.

L’année 2009 marque un tournant décisif dans l’histoire de l’impression 3D avec l’expiration du brevet de la technologie FDM (Fused Deposition Modeling). Suite à cela des entreprises et des communautés open-source développent des imprimantes 3D à moindre coût, notamment dans le cadre du projet RepRap. C’est alors qu’en 2010 alors qu’il est en séjour au État-Unis qu’Olivier Dalechamps salarié à Planète Sciences décide de ramener des kits Reprap pour son utilisation personnelle. Très vite il acquière les compétences nécessaires pour monter et faire fonctionner parfaitement ses kits. Pendant des mois, il reste dans son coin à bricoler et c’est ainsi qu’une vraie passion pour l’impression 3d naît en lui. Au début de l’année de 2012, de plus en plus de personnes sont intéressées par l’impression 3d et c’est alors qu’Olivier décide de ramener les imprimantes qu’il a monté chez lui à Planète Sciences.

Ce simple geste marque le début d’une aventure collective. Grâce au bouche-à-oreille, de petites équipes de deux ou trois personnes se rassemblent régulièrement pour assembler leurs propres imprimantes à partir de kits RepRap. Les procédés de fabrication sont encore artisanaux : les plateaux chauffants sont improvisés à partir de plaques et de résistances fixées avec des fils chauffants. À cette époque, les imprimantes fonctionnent avec deux types principaux de plastique : le PLA, connu pour sa rigidité et sa simplicité d’usage, et l’ABS, plus résistant mais également plus exigeant à manipuler. De fil en aiguille de plus en plus de personnes se joignaient à Planète Sciences parce qu’ils avaient entendu dire que c’était là qu’ils pourraient monter leurs imprimante 3D. Très vite, ce rendez-vous est devenu un point de ralliement pour les amateurs de fabrication numérique. Les gens qui venaient étaient guidées par une communauté de makers, passionnés et solidaires, prêts à partager leurs connaissances et à aider les nouveaux venus.

Ce mouvement a non seulement permis de démocratiser l’accès à l’impression 3D, mais aussi de renforcer l’esprit de collaboration et d’apprentissage collectif, des valeurs chères à Planète Sciences.

L’histoire des RepRap à Planète Sciences est un exemple de la manière dont une passion individuelle peut se transformer en un projet collectif porteur de changements. Elle illustre aussi comment les technologies open-source, alliées à l’esprit de partage, peuvent révolutionner l’accès à des outils autrefois inaccessibles, tout en renforçant les liens humains dans un monde de plus en plus numérique.

Dramane ANOUVIET,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #15.

Dans le cadre du Diplôme Universitaire Fabmanager, j’ai eu à proposer un temps d’animation pour la communauté du Faclab.

Ainsi, au mois de novembre, les odeurs et les saveurs ont envahi le Faclab le temps d’un atelier Chocolat avec la communauté.

La préparation de cet atelier a nourri quelques échanges sur la place du chocolat dans un Fablab… On pourrait faire des moules !

Oui, pour les moules, mais ensuite il faut « mettre le chocolat au point » et là, c’est un métier…

Je me suis donc posée cette question :

Quelles relations pourraient exister entre un fablab et un chocolatier ?

Gravure laser sur tablette de chocolat

Je me suis lancée dans quelques expérimentations de gravure sur une tablette de chocolat.

Voilà de quoi personnaliser une tablette à offrir ! Différents réglages avant d’arriver à une gravure qui ne carbonise pas le chocolat, avec une puissance à 60 % et une vitesse à 60 %, le résultat obtenu est plutôt satisfaisant.

Alors certes, je déconseille la consommation d’une tablette gravée dans une découpeuse laser qui a passé sa journée à couper du bois, du cuir et du plexi, mais si un chocolatier veut se lancer sur ce secteur, il peut venir développer son expertise dans un fablab et acquérir ensuite une petite découpeuse laser consacrée uniquement au chocolat, de plus, pas de fumées toxiques, donc pas de problème d’extraction.

Fabrication de moules de chocolats

  1. Le fablab peut accompagner le chocolatier pour modéliser son moule avec des logiciels de modélisation 3D pour en définir le design.
  2. Prototyper le positif du moule avec une imprimante 3D, voir si le résultat correspond aux attentes, calibrer par rapport aux emballages, aux espaces de vente… Une question se pose déjà… quelle imprimante? Nous avons simplement commencé avec une imprimante à dépôt de fil fondu avec du PLA. Les positifs ont été plutôt satisfaisants. Les trous ont été faits pour permettre à la feuille plastique de se plaquer au mieux au modèle dans la thermoformeuse pour reproduire les petits détails.
    « Pourquoi ne pas faire les négatifs directement en imprimante 3D me direz-vous ?» Au départ c’est ce que nous avons fait pour valider le design de la tablette ou médaillon de chocolat.

    Mais cette solution n’est pas viable car bien que certains filaments soient reconnus aptes au contact alimentaire, la vraie difficulté réside dans la porosité des pièces imprimées en 3D et donc dans l’impossibilité de les nettoyer convenablement après utilisation pour garantir les normes d’hygiène alimentaire, le moule serait donc destiné à un usage unique. Une solution à conserver si tel est l’objectif pour une série unique par exemple. Le négatif peut être nécessaire pour calibrer le design de la tablette. Comme ci-contre. Pour en savoir plus sur la question du contact alimentaire avec les impressions 3D, je vous conseille cet article très complet : https://formlabs.com/fr/blog/guide-impression-3d-alimentaire/
  3. Thermoformer les moules
    L’utilisation de la thermoformeuse a posé plusieurs questions : déjà il a fallu trouver des feuilles plastiques adaptées au contact alimentaire. Ensuite tester quelle épaisseur de feuille pour le bon usage des moules? Nous avons testé trois épaisseurs :
    • 0,1mm est beaucoup trop fin et donc trop souple à manipuler ;
    • 0,5mm convient mais est assez fin et donc fragile dans l’utilisation, il faut alors prévoir de pouvoir en refaire régulièrement dans le cas d’une utilisation répétée ;
    • 1mm est beaucoup plus résistant, subit moins de déformation dans la manipulation. Cependant, nous avons rencontré une difficulté lors du thermoformage avec ces feuilles : les positifs en PLA se sont déformés, probablement dû à l’inertie de la chaleur des feuilles plus épaisses.

Pour pallier à cela et pour pouvoir miser sur des feuilles de 1mm, nous allons faire les prochains positifs en impression résine.

Effectivement la possibilité de fabriquer des moules sur mesure est un atout certain pour l’artisan chocolatier, plusieurs utilisent déjà une thermoformeuse en utilisant des objets du quotidien pour obtenir des moules thématiques.

Notez, pour les fablabs qui intègrent une activité de prestation dans leur fonctionnement économique, voilà une offre qui peut séduire un artisan chocolatier qui n’a pas nécessairement le besoin et pas les moyens d’investir dans les solutions proposées aujourd’hui par les industriels. Ceux-ci fabriquent des moules professionnels personnalisés dans des quantités ou à des prix inadaptés à un petit artisan qui peine à se distinguer par des produits uniques et doit se contenter des moules commercialisés et dont les modèles se retrouvent ainsi chez beaucoup de leurs concurrents.

Personnalisation des boîtages

Une autre application possible dans les fablabs est de personnaliser les boîtages, une application particulièrement coûteuse pour des artisans qui n’ont pas besoin de gros volumes de boîtes.

Le fablab peut donc représenter une opportunité intéressante voire offrir la possibilité d’un marquage personnalisé au client dans le cadre d’un événement spécial.

Ici, des boites à chocolat en bois, gravées à la découpeuse laser.

Autres applications possibles

  • Utiliser la brodeuse numérique pour la personnalisation des vêtements professionnels : tablier, veste de pâtissier, toque… ou peut-être en flocage pour certaines pièces.
  • Utiliser le plotter de découpe pour de la vitrophanie, préparer des éléments pour la vitrine ou la signalétique du commerce.
  • Utiliser le plotter de découpe ou la découpe laser pour prototyper des éléments de boîtages spécifiques à un produit, voire réaliser de la petite production pour une série limitée sur des découpes de carton fin par exemple.
  • Faire appel au parc machines pour de la petite réparation sur les appareils et équipements professionnels : un pied de robot, un manche de râpe, un coin de meuble, un bouton de caisse enregistreuse…

Cette offre peut aussi être proposée par les fablabs qui font de la prestation de service car le chocolatier trop occupé ne prendra pas le temps de la réparation mais se saisira volontiers de la proposition qui lui permettra de prolonger la vie de son matériel sans avoir à chercher le bon réparateur…

Cette réflexion sur les fablabs et les chocolatiers pourrait se poser plus largement et conduire à des réponses communes : Quelles relations entre un fablab et un artisan ?

Anne LOUVARD, apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #15.