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Information importante !

Le FacLab est ouvert au public (pensez à vous réinscrire dès la rentrée!) • Consultez régulièrement notre agenda pour connaître les horaires exactes d’ouverture des ateliers

Dans le cadre de son parcours au Diplôme Universitaire Fabmanager, Anita vous propose un retour sur son atelier d’animation de communauté auprès de jeunes filles accompagnées par l’Espace Santé Jeunes de Gennevilliers.

POURQUOI AVOIR CHOISI CET ATELIER ? 

Lorsque j’ai commencé à réfléchir à l’atelier que je souhaitais animer, je voulais proposer une activité qui soit plus qu’une simple découverte technique. J’avais envie de travailler autour de la confiance en soi. C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, car c’est un domaine dans lequel j’ai moi-même beaucoup progressé grâce au FacLab. J’avais envie, à mon tour, de transmettre cette expérience et de montrer que ces lieux ne servent pas seulement à fabriquer des objets, mais peuvent aussi aider chacun à oser, apprendre et prendre confiance en ses capacités. 

En discutant avec un résident du FacLab, il m’a suggéré de prendre contact avec l’Espace Santé Jeunes de Gennevilliers. La structure avait déjà collaboré avec le FacLab, ce qui facilitait la mise en place du projet et me permettait de rencontrer un public susceptible d’être intéressé par cet atelier. L’idée m’a tout de suite plu. Après plusieurs échanges avec l’équipe de l’Espace Santé Jeunes, j’ai choisi d’aborder la confiance en soi à travers un atelier d’impression par sublimation. Ce support permettait à chaque participante de personnaliser un objet qu’elle pourrait ensuite utiliser lors de l’événement L’Été aux Sévines, tout en exprimant sa créativité. 

UN ATELIER POUR CRÉER … MAIS PAS SEULEMENT 

La sublimation est une technique d’impression qui permet de personnaliser différents supports grâce à la chaleur. On pourrait penser qu’il ne s’agit que d’un procédé technique. Pourtant, derrière les machines et la presse à chaud, il y a bien plus que cela. Pour cet atelier, j’ai également apporté mon imprimante à sublimation ainsi que ma presse à casquette. Le FacLab ne disposait pas encore d’une imprimante à sublimation ni d’une presse à casquette, il était uniquement équipé de presses à chaud plate. 

L’objectif était de permettre aux participantes de découvrir toutes les étapes de cette technique, de la création du visuel jusqu’au produit fini. Chaque participante a ainsi pu imaginer son propre visuel, choisir ses couleurs et personnaliser une casquette, un tote bag ou une trousse. Chacune avançait à son rythme, avec ses idées, ses hésitations et ses envies. Mon rôle était de les accompagner au mieux, de répondre à leurs questions et de leur montrer que l’erreur fait aussi partie du processus de création. L’atelier nous a aussi réservé quelques imprévus. La presse à chaud du FacLab que nous devions utiliser avait été emportée pour un autre atelier. Nous avons donc dû nous adapter et utiliser un ancien modèle que nous ne connaissions pas encore. 

Finalement, cette petite difficulté s’est transformée en bonne surprise, je trouve même que le rendu était encore plus réussi avec cette presse!! Les casquettes nous ont également réservé une surprise. Nous nous sommes rapidement aperçus que leur doublure plastique ne supportait pas la chaleur de la presse. Après un premier essai, nous avons simplement découpé cette doublure sur les casquettes suivantes avant de poursuivre l’atelier. Finalement, ces petits imprévus nous ont montré qu’il faut parfois tester, se tromper et s’adapter pour avancer. 

CRÉER POUR PRENDRE CONFIANCE 

Ce qui m’a le plus marquée, ce n’est pas le résultat final, mais l’évolution des participantes au fil de l’atelier. Au départ, beaucoup souhaitaient simplement reproduire le logo de leur groupe sur une casquette. Puis, au fil des échanges, elles ont commencé à personnaliser davantage leurs créations, à tester de nouvelles idées. 

Au début, certaines étaient plutôt réservées et n’osaient pas toujours poser des questions. Progressivement, les participantes semblaient plus à l’aise. Elles osaient davantage me solliciter lorsqu’elles avaient une question ou un doute. C’est à ce moment-là que j’ai eu le sentiment d’avoir atteint mon objectif, proposer un atelier où chacune pouvait créer librement, à son rythme, dans un cadre bienveillant. 

UNE EXPÉRIENCE ENRICHISSANTE 

En repartant, je me suis d’abord dit que j’avais survécu à cet atelier! Puis je me suis rendu compte que, malgré tous les imprévus, les participantes étaient reparties avec le sourire. 

Et finalement, c’est ça le plus important. J’aime aussi penser que certaines regarderont peut-être désormais les FabLabs autrement, comme des lieux où l’on peut créer, apprendre, se tromper … et parfois même prendre un peu confiance en soi. 

Je tiens à remercier Aurore et Barbara, de l’Espace Santé Jeunes, d’avoir accepté de me suivre dans cette aventure et d’avoir fait confiance à mon projet. Merci également aux jeunes filles qui ont participé à l’atelier avec enthousiasme et curiosité.  Enfin, un grand merci à Sonia, Fabmanageuse au FacLab, pour son soutien et son aide tout au long de l’atelier. Sans vous, cette belle aventure n’aurait pas été la même. 

Anita,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #18

Dans le cadre de son parcours Diplôme Universitaire Fabmanager, Alix nous propose une visite de l’Agrilab.

Comment nourrir 10 milliards d’individus en 2050 ? 

Derrière cette question se cachent des enjeux complexes qui dépassent largement la seule production alimentaire. Agriculture, environnement, santé, biodiversité, conditions de travail ou encore souveraineté alimentaire sont autant de sujets intimement liés

À titre personnel, le monde agricole m’a toujours intéressée. Enfant, je me levais avec enthousiasme pour accompagner mon oncle agriculteur lors de la première traite des vaches à 5 heures du matin. Plus tard, au cours de mes études de design, j’ai travaillé sur les outils qui pourraient accompagner les agriculteurs dans leur transition vers des pratiques plus durables, à travers un projet mêlant capteurs de mesure, partage de bonnes pratiques et valorisation des engagements. 

C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’ai découvert l’AgriLab de Beauvais aux côtés de Luc Hanneuse, FabManager du lieu. 

Installé sur 1 500 m² au cœur d’une ferme en polyculture-élevage et à proximité d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche, l’AgriLab est un centre d’innovation ouverte dédié à l’agriculture. On y retrouve les équipements caractéristiques d’un FabLab, mais aussi une forte volonté de rapprocher des acteurs qui n’ont pas toujours l’occasion de travailler ensemble : agriculteurs, étudiants, chercheurs, ingénieurs ou designers. 

Ce qui m’a particulièrement marquée lors de cette visite, c’est le décalage entre l’image que l’on peut se faire d’un FabLab agricole et la réalité du terrain. 

Le métier d’agriculteur est exigeant. Entre les contraintes économiques, les aléas climatiques, les réglementations et la charge de travail quotidienne, il reste peu de temps pour venir expérimenter dans un atelier de fabrication. En réalité, peu d’agriculteurs fréquentent régulièrement le lieu. La plupart développent déjà au quotidien une grande capacité d’adaptation directement sur leur exploitation, en bricolant, réparant ou modifiant leurs équipements pour répondre à leurs besoins. 

Cette réalité n’enlève rien à l’intérêt de l’AgriLab. Au contraire, elle questionne le rôle que peuvent jouer les FabLabs dans les transitions agricoles. Peut-être moins comme des lieux utilisés quotidiennement par les agriculteurs que comme des espaces de rencontre, de dialogue et de coopération entre différents profils complémentaires. 

J’y ai retrouvé une vision de l’innovation qui me parle particulièrement : une innovation ancrée dans les usages, souvent simple, parfois low-tech, mais toujours connectée aux réalités du terrain. Une innovation qui ne cherche pas à imposer des solutions toutes faites, mais à construire avec les personnes concernées. 

Cette visite m’a confortée dans l’idée que les FabLabs ont un rôle important à jouer face aux grands défis de société. À condition de rester connectés aux besoins réels des territoires et des communautés qu’ils souhaitent accompagner. L’AgriLab en est une belle illustration : un lieu où l’innovation se cultive au plus près du vivant. 

N’hésitez pas à aller découvrir le lieu ! Vous pouvez venir sans RDV le mardi à 14h et le jeudi à 14h et 19h. J’en ai profité pour découvrir Beauvais et sa cathédrale monumentale, et respirer un peu d’air pur loin de la capitale ! 

Alix,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #18

Dans le cadre de son parcours Diplôme Universitaire Fabmanager, Camille nous propose une sensibilisation aux questions de propriété intellectuelle propres aux pratiques des fablabs.

Pourquoi parler de propriété intellectuelle dans un FabLab ?

Le dépôt de brevet est un sujet sensible dans les FabLabs, car il se situe à la croisée de deux logiques parfois perçues comme opposées : d’un côté, la culture du partage, de la collaboration et de l’open source, et de l’autre, la protection et la valorisation de l’innovation.

Pourtant, ces deux approches ont toute leur place dans les FabLabs et peuvent contribuer, chacune à leur manière, au développement du mouvement maker. L’ouverture des connaissances favorise la diffusion des savoirs et l’amélioration collective des projets, tandis que la propriété intellectuelle peut permettre à certains porteurs de projets de sécuriser leurs innovations et de développer des modèles économiques viables.

Le rôle du FabManager n’est pas d’être un expert juridique. Il doit avant tout informer les usagers, les sensibiliser aux bonnes pratiques et les orienter vers les ressources ou les professionnels compétents. Il agit comme un facilitateur permettant à chacun de faire un choix éclairé entre partage et protection.

À qui s’adresse la propriété intellectuelle ?

La propriété intellectuelle concerne toute personne ou structure développant une création ou une innovation. Dans un FabLab, cela peut aussi bien concerner un maker souhaitant développer une invention personnelle qu’un entrepreneur désirant lancer un produit ou une activité. Les étudiants, les chercheurs, les associations ou encore les collectivités peuvent également être amenés à protéger certaines réalisations.

La propriété intellectuelle ne se limite d’ailleurs pas aux brevets. Elle permet de protéger des inventions techniques, des procédés ou des améliorations, mais aussi des dessins, des modèles, des marques, des logos ou encore des contenus tels que les plans, les fichiers numériques ou la documentation associée aux projets.

En revanche, une idée seule ou un concept abstrait ne peuvent pas être protégés. Pour être éligible à une protection, une invention doit être suffisamment formalisée et posséder une application concrète.

Quelles démarches effectuer avant un dépôt de brevet ?

Avant toute démarche, il est fortement conseillé de vérifier si une invention similaire n’existe pas déjà. Cette recherche d’antériorité peut être effectuée sur les bases de données de l’INPI ou d’Espacenet. Il est également possible d’utiliser la classification internationale des brevets (CIB) de l’INPI ou espace.net afin d’affiner les recherches.

Une fois cette première étape réalisée, il est recommandé de formaliser son projet en rédigeant une description précise, en réalisant des schémas et en documentant les différentes étapes de développement.

La traçabilité est un élément essentiel. Conserver les différentes versions des fichiers, dater les documents et tenir un carnet de projet permettent de démontrer la paternité de l’innovation et de retracer son évolution. Cette démarche est d’ailleurs parfaitement cohérente avec la culture de documentation propre aux FabLabs.

Peut-on parler de son idée avant un dépôt de brevet ?

Il est généralement déconseillé de divulguer publiquement une invention avant son dépôt. En effet, pour être brevetable, celle-ci doit être considérée comme nouvelle. Une communication prématurée peut donc faire perdre cette condition essentielle.

Il est préférable de limiter la diffusion des informations sensibles et, lorsque des collaborations sont nécessaires, d’utiliser un accord de confidentialité. Il est également recommandé de conserver une trace écrite des échanges afin de pouvoir démontrer l’antériorité des travaux.

Faut-il disposer d’un prototype fonctionnel ?

Contrairement à une idée reçue, il n’est pas indispensable de disposer d’un prototype totalement fonctionnel pour envisager un dépôt de brevet. Une description suffisamment précise, éventuellement accompagnée de schémas, peut être suffisante pour entamer certaines démarches.

Le prototype reste néanmoins un outil précieux pour valider le fonctionnement de l’invention et améliorer sa conception.

Comment protéger son idée sans déposer immédiatement un brevet ?

Il existe plusieurs solutions simples et relativement peu coûteuses permettant de sécuriser un projet avant d’engager des démarches plus importantes.

L’enveloppe Soleau proposée par l’INPI permet notamment de dater une création et d’en prouver l’antériorité pour un coût modéré.

L’accord de confidentialité, également appelé NDA, constitue une autre solution intéressante lorsqu’il est nécessaire de collaborer avec d’autres personnes ou de présenter son projet à des partenaires potentiels (L’INPI propose un modèle d’accord de confidentialité dans le guide de préparation à la négociation).

Il est également possible d’effectuer une demande provisoire de brevet. Cette procédure simplifiée permet de bénéficier d’une priorité pendant douze mois, tout en laissant le temps au porteur de projet d’affiner son invention avant d’engager un dépôt complet.

Ces solutions permettent de sécuriser son projet pour moins de 20€

Le dépôt de brevet complet

La rédaction d’un brevet est une étape complexe qui nécessite des compétences spécifiques. Il est donc fortement recommandé de se faire accompagner par un Conseil en Propriété Industrielle / CPI. Le coût global d’une telle démarche se situe généralement entre 3 000 et 6 000 euros.

Est-que le FabLab a un rôle à jouer dans ces démarches ?

Le rôle du FabManager n’est pas d’être un expert juridique, mais d’accompagner les usagers de manière neutre et éclairée en les informant sur les bases de la propriété intellectuelle, en les sensibilisant aux bonnes pratiques et en les orientant, si nécessaire, vers les organismes ou les professionnels compétents.

À retenir

La propriété intellectuelle a toute sa place dans les FabLabs. Elle ne s’oppose pas nécessairement à la culture du partage et peut même constituer un levier pour accompagner certains projets vers une valorisation économique.

La traçabilité et la documentation des projets demeurent des éléments essentiels, aussi bien pour favoriser le partage des connaissances que pour permettre aux porteurs de projets de démontrer la paternité de leurs innovations.

Ces informations ont été recueillies lors d’un entretien avec une personne de l’INPI.

Camille,
apprenant du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #18

photo©Sunrise/Pixabay

« Un regard sur la menuiserie à travers gestes, textures et détails. Découvrez le travail photographique d’un stagiaire du FacLab qui tente de capturer la précision et le savoir-faire d’étudiants en architecture d’intérieur. »

Sacha, collégien, en stage d’observation de 3e au FacLab (mars 2026).  

Dans le cadre de son parcours Diplôme Universitaire Fabmanager, Floraya nous propose de revenir sur un atelier d’animation de communauté qu’elle a mené au FacLab.

Dans l’après-midi du 5 décembre, la salle conviviale du FacLab a été le théâtre d’une série d’énigmes et de complots qui s’est conclue par quelques verres de sirop.

Ce sont ces mots qui ont attiré nos 4 valeureux joueurs au FacLab de Gennevilliers pour une épreuve de deux heures. 

Ainsi trouvent-ils dès leur arrivée sur les lieux un set de 3 mystérieux flacons, agrandi par la suite d’autres trouvailles dissimulées sur les lieux.

Dans un premier temps, les alchimistes en devenir ont chacun reçu une enveloppe contenant leurs rôles et objectifs, ainsi qu’un collier permettant à certains joueurs de reconnaître leur allié. Après une brève explication des règles et des limites du jeu, les valeureux se sont lancés dans l’aventure.

Le jeu commence doucement avec une phase d’enquête : les joueurs récoltent les différents indices et éléments dont ils auront besoin pour comprendre le contenu de chaque potion. Mais c’est quand il faut résoudre les énigmes que la partie se corse : chaque coffre, chaque feuille et même chaque clé renferme son lot de secrets.

Après être venus à bout de toutes les énigmes, le jeu se termine en beauté avec l’épreuve du feu : boire la ou les bonnes potions. 

Mais la conclusion est des plus dramatiques : seuls deux joueurs réussissent à boire le bon breuvage, tandis qu’un joueur pris aux dépourvu par les manigances environnantes succombe à la maladie. Le dernier joueur, s’étant improvisé barman, consomme un mélange de potions de son crû et se transforme en une magnifique sirène. 

Un grand merci à eux pour leur participation et bravo à nos deux gagnant.e.s !

Floraya,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #17

Dans le cadre de son parcours Diplôme Universitaire Fabmanager, Nathalie nous propose de revenir sur un atelier d’animation de communauté qu’elle a mené au FacLab.

Née en Inde autour du XIVe siècle, la technique de l’impression avec des blocs de bois dite aussi «block print» est revisitée dans les années 70 lors du mouvement hippie Le principe est simple : on réalise un tampon en bois sculpté et gravé à la main qu’on enduit ensuite d’encre ou de teinture végétale pour embellir et rendre unique un support au choix. Nous avons choisi de faire notre atelier avec du textile, support le plus courant pour ce type d’impression. L’application du tampon permet de reproduire à l’identique des motifs sur des grandes et des petites surfaces. En Inde, chaque motif et chaque couleur est associée à une signification propre. 

Pour ma part, après des tests sur du bois aggloméré, j’ai choisi de créer mes tampons sur du caoutchouc naturel compatible pour les découpeuses laser. 

J’ai préféré utilisé le caoutchouc pour effectuer les tampons pour un côté pratique lors de l’atelier : possibilité de changer plus facilement de couleurs en lavant à l’eau et de tamponner plus facilement. En effet j’ai effectué la découpe et la gravure de quelques tampons en bois : pour bien tamponner il faut mettre une serviette en éponge en dessous du textile et laver les tampons en bois n’est pas aisé.

Pour l’encre, j’ai acheté les encres végétales conseillées par l’atelier du tampon à Paris 15 qui ont aussi une découpeuse laser Trotec et on pu me montrer l’impression textile. J’ai également décidé de faire l’essai d’un encrage du tampon à l’aide de feutres textiles. Cette option a l’avantage de n’encrer que les zones voulus et d’éviter les bavures sur les bords du tampon. Grâce à des conseils avisés, j’ai mis de la mousse 3D pour donner un amorti et que l’application de l’encre soit plus simple.

Ces recherches m’ont permis de découvrir comment la machine numérique — la découpeuse laser — peut être un outil facilitateur pour l’artisanat sans être un frein pour la créativité.

Ainsi, j’ai réalisé une dizaine de tampons en choisissant le thème du Japon.

Lors de l’atelier, il y avait 3 participantes, le fabmanager du FacLab et moi-même. J’ai proposé de montrer l’ensemble du processus de gravure laser des tampons afin de se rendre compte que cette machine est facile à utiliser avec le fichier créé en amont sur Inkscape.

Puis nous nous avons dégusté du thé japonais dans la salle conviviale pour faire connaissance.

Ensuite, nous nous sommes lancés dans des essais d’impression textile sur des tote bags : il y avait les tampons crée avec du caoutchouc puis collé avec de l’adhésif 3M sur un bloc de bois, des tote bags blancs, de la peinture textile pour tampon, des feutres textiles.

Cela a été un moment de convivialité dans les espaces du lab, un lâcher-prise sans jugement sur la créativité. Autour d’échanges sur la composition, j’ai pu recevoir des conseils avisés des participantes pour pouvoir reproduire à la main une magnifique calligraphie et accompagner les motifs des tampons choisis. Cela a permis d’associer la production numérique avec un geste manuel d’écriture. Le tampon lui-même permet de nombreuses modulations manuelles et d’effets selon la pression que l’on exerce sur le tissu. Les participantes ont pu tester cela et échanger sur leurs expérimentations

Voici un exemple de deux tote bags magnifiquement réalisés.

Nous nous sommes rendus compte de l’immense possibilité de la gravure laser pour développer ce genre de technique, reproduire un motif de broderie traditionnelle, les initiales d’une entreprise etc…

De multiples projets en perspectives!

La partir « lab » a pris tout son sens dans le mot fablab : on teste des techniques grâce aux machines, aux outils, aux conseils des fabmanagers et on ne s’arrête plus car on découvre sans cesse au fur et à mesure que l’on fait. Tout est possible du moment que l’on veille à la sécurité. On a le droit de se tromper et de recommencer.

C’est le regard que l’on porte sur l’œuvre réalisée qui nous guide alors dans le processus de fabrication.

Il était prévu dans cet atelier de réaliser soi-même les encres végétales mais, prise par le temps, je n’ai pas pu obtenir de résultats satisfaisants. C’est un autre challenge qui m’attend pour poursuivre les expérimentations!

Ingrédients nécessaires à cet atelier

Moyens matériels 

  • salle Conviviale du FacLab avec sa cuisine chaleureuse.
  • Tampons réalisés à la gravure laser sur caoutchouc Trodat avec support en bois
  • 7 encres textiles achetées à Rougier et Plé et à l’Atelier du tampon Paris 15e
  • 6 tote bags blancs (1 par participant·e)
  • un spray avec de l’eau pour nettoyer
  • un chiffon
  • une bâche de protection pour la table
  • préparation des fichiers sur Inkscape
  • découpeuse laser Trotec 300 et l’ordinateur (Corel Draw)
  • thés japonais
  • tasses (notamment crées et fabriquées au FacLab!)

6 participant·e·s maximum

1 animatrice

Durée de l’atelier : 2h minimum

Nathalie,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #17

Dans le cadre de leur parcours Diplôme Universitaire Fabmanager, Anaïs, Floraya et Nathalie nous propose de revenir sur la table ronde qu’elles ont organisées.

L’objectif de cette table ronde était multiple : dresser un état des lieux de l’accessibilité dans les fablabs, partager les solutions déjà développées pour rendre les espaces, logiciels et machines plus inclusifs, et présenter les accompagnements (formations, outils, etc.) disponibles pour soutenir les contributeurs et contributrices au sein de ces lieux. Enfin, cette rencontre visait à interroger nos engagements en tant que Fab Managers, afin de renforcer l’inclusion des personnes en situation de handicap.

Pour préparer cette discussion, nous avons conçu un questionnaire visant à recueillir des informations sur les initiatives et dispositifs existants dans les fablabs pour favoriser l’inclusion, ainsi que sur les défis rencontrés. Les réponses obtenues ont permis d’esquisser un premier bilan, que nous avons partagé lors de la rencontre.

Afin de dynamiser les échanges, nous avons opté pour un format interactif : une table ronde intégrant un quiz conçu via Ahaslides, permettant aux participant·e·s de s’impliquer de manière ludique.

Pour animer cette réflexion, nous avons eu le plaisir d’accueillir deux intervenants inspirants :

  • Hugues Aubin, cofondateur du Labfab de Rennes, de Humanlabs, de Makers Nord-Sud, de la Forge d’adaptations Nord-Sud et du Climate Change Lab. Son expertise, notamment dans le développement de projets liés au handicap, a apporté un éclairage précieux.
  • Perrine Lacaille, art-thérapeute et FabManageuse à La Cité culturelle Barthélemy Durand. Engagée dans des projets et chantiers participatifs impliquant des publics en situation de handicap, elle a partagé son expérience de terrain et ses retours concrets.

Nos intervenant·e·s ont souligné plusieurs enjeux majeurs auxquels les fablabs sont confrontés pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel :

  • L’adaptation à un public aux besoins variés : Il est essentiel de s’adapter aussi bien aux personnes dont la déficience est récente qu’à celles qui vivent avec depuis la naissance. Chaque situation nécessite une approche personnalisée.
  • L’innovation pour fidéliser le public : Une fois que les personnes ont franchi le pas de venir dans un fablab, il est crucial de leur donner envie de rester. Cela passe par des solutions innovantes et adaptées à leurs attentes.
  • Sensibilisation du public qui n’est pas en situation de handicap en attisant leur curiosité via des petites initiatives (gommettes sur les claviers, signalétique visible, visites, etc…)
  • Le manque de documentation open source : Les aménagements développés par chaque fablab pour répondre aux besoins spécifiques de leur public ne sont pas toujours partagés. Cela limite la mutualisation des bonnes pratiques et des solutions existantes.
  • L’adaptation humaine et organisationnelle : Les Fab Managers doivent faire preuve d’une compétence naturelle pour s’adapter à leur public, en proposant des parcours personnalisés, un accueil spécifique et des créneaux adaptés à leurs besoins.

Voici les solutions identifiées lors de nos recherches et évoquées pendant cette rencontre, concernant l’accessibilité des espaces, des logiciels, des machines, ainsi que les formations disponibles pour accompagner les Fab Managers dans une démarche d’inclusion .

ACCESSIBILITÉ DES ESPACES :

Pour rendre les fablabs accessibles à toutes et tous, plusieurs aménagements peuvent être mis en place :

  • Signalétique multisensorielle :
    • Visuelle : Utilisation de pictogrammes clairs et universels pour faciliter la compréhension.
    • Tactile : Ajout de signalétique en braille pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes.
    • Audio : Intégration de QR codes redirigeant vers des descriptions vocales pour guider les visiteurs.
  • Repérage dans l’espace :
    • Installation de buzzers sonores pour aider à la localisation dans les espaces.
    • Éclairage homogène avec des contrastes élevés et des caractères de grande taille pour améliorer la lisibilité.
  • Aménagements spécifiques :
    • Création d’un parcours adapté aux personnes autistes pour une découverte progressive et rassurante de l’espace.
    • Mise en place d’espaces « bulles » pour offrir des moments de calme et de sérénité.
    • Bandes de couleurs sur les marches pour faciliter le repérage et éviter les chutes.
  • Outils d’orientation :
    • Plan tactile disponible à l’entrée pour permettre une exploration autonome de l’espace.
  • autonome de l’espace.

ACCESSIBILITÉ NUMÉRIQUE :

Pour rendre les outils numériques accessibles à tous, plusieurs solutions logicielles et matérielles existent :

Lecteurs d’écran

  • NVDA : Lecteur d’écran libre pour Windows, compatible avec des extensions braille.
  • Orca : Lecteur d’écran libre pour Linux, conçu pour faciliter la navigation.
  • VoiceOver : Lecteur d’écran intégré et libre pour les systèmes Mac.

Logiciels de création accessibles

  • Inkscape : Logiciel de design vectoriel avec l’extension « Accessible Inkscape » (en développement).
  • Blender : Logiciel de modélisation 3D avec l’add-on « Screen Reader Support », tutoriel pour une prise en main accessible.
  • LibreCAD : Logiciel de CAO offrant une navigation complète au clavier.

Solutions tactiles et adaptées

  • TactileView : Outil de création de graphismes tactiles, largement utilisé dans le domaine éducatif (non libre).
  • Aciah Linux : Distribution Linux optimisée pour les personnes en situation de handicap.

Assistants numériques et communication

  • Life Companion: Assistant numérique open source conçu pour faciliter la communication et l’accès au numérique. Disponible sur GitHub, il propose une surcouche pour une navigation accessible, notamment pour les personnes malvoyantes.
  • Text To Speech : Outil de synthèse vocale en français, permettant de convertir un texte écrit en message vocal.

Projets et tutoriels accessibles

  • Arduino: Projets d’accessibilité développés par MyHumanKit, visant à créer des solutions matérielles adaptées.
  • LabBoite : Propose des tutoriels pour ses équipements et machines en langue des signes, afin de rendre les ressources accessibles à un public sourd ou malentendant.

ACCESSIBILITÉ DES MACHINES :

Pour rendre les machines des fablabs accessibles à un public diversifié, plusieurs solutions techniques et ergonomiques peuvent être mises en œuvre :

Interfaces adaptées

  • Interfaces simplifiées : Utilisation de panneaux de commande avec pictogrammes pour faciliter la compréhension et l’utilisation des machines.
  • Commandes vocales : Bien que encore rares, ces technologies sont prometteuses pour permettre une interaction sans contact physique.

Retours sensoriels alternatifs

  • Feedback audio ou haptique : Pour remplacer les indications visuelles, ces retours permettent aux utilisateurs de recevoir des informations par le son ou le toucher.
    • Le retour haptique utilise des vibrations pour offrir un retour sensoriel, renforçant ainsi l’interaction avec les interfaces, notamment pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes.
  • Prévisualisation 3D avec commentaires audio : Une solution innovante pour guider les utilisateurs dans la conception et la manipulation d’objets en trois dimensions.

Périphériques spécialisés

  • Claviers adaptés : Conçus spécifiquement pour les personnes malvoyantes, ces claviers facilitent la saisie et la navigation.
  • Boutons physiques alternatifs : Pour les personnes ne pouvant pas utiliser une souris, ces dispositifs offrent une alternative tactile et accessible.

PROJETS DÉVELOPPÉS :

Plusieurs projets concrets ont été développés pour faciliter l’inclusion des personnes en situation de handicap dans les fablabs. Voici quelques initiatives marquantes :

Outils pour l’autonomie et l’apprentissage

  • Braille Rap : Un projet pour fabriquer une machine à écrire en braille, permettant aux utilisateurs de produire du texte en relief de manière autonome.
  • Gabarit d’identification : Conception d’un outil pour identifier vis, écrous et forêts par le toucher, facilitant ainsi leur sélection et leur utilisation.

Technologies d’adaptation numérique

  • Image2Touch : Logiciel développé par des makers pour transformer une image en fichier 3D, rendant les visuels accessibles aux personnes malvoyantes grâce au toucher.
  • Projet BASICA (Boîtier Aide Sélection Interface Contrôle Adapté) : Dispositif conçu pour tester différentes interfaces de contrôle, offrant aux personnes en situation de handicap la possibilité de choisir l’outil le plus adapté à leurs besoins.

Exploration tactile et protection

  • Découverte tactile des machines : Une approche pédagogique pour faire découvrir le fonctionnement interne des machines numériques par le toucher, rendant la technologie plus accessible.
  • Équipements de Protection Individuelle (EPI) adaptés : Utilisation de lunettes à verres polarisants pour protéger les yeux tout en améliorant le confort visuel des utilisateurs.

Pour accompagner les Fab Managers dans leur démarche d’inclusion, plusieurs formations sont disponibles, qu’elles soient généralistes ou spécifiques au contexte des fablabs.

COMPÉTENCE & FORMATIONS

Pour accompagner les Fab Managers dans leur démarche d’inclusion, plusieurs formations sont disponibles, qu’elles soient généralistes ou spécifiques au contexte des fablabs.

Formations en accessibilité numérique

  • Access42: Organisme spécialisé dans les formations sur l’accessibilité numérique, proposant des modules adaptés aux professionnels.
  • MOOC Accessibilité numérique de l’INRIA: Formation en ligne gratuite pour comprendre et appliquer les bonnes pratiques en matière d’accessibilité.

Formations spécifiques aux fablabs et à la médiation

  • TechLab – APF France Handicap: Formations axées sur l’adaptation des espaces et des outils dans les fablabs pour un public en situation de handicap.

Formations sur les handicaps en général :

  • Centre de Ressources Handicap Formation (CRHF) : Propose des modules pour mieux appréhender les différents types de handicaps et adapter les pratiques d’accompagnement.

Lors de cette rencontre, il nous a également été recommandé de nous référer aux normes d’accessibilité numérique WCAG (Web Content Accessibility Guidelines), notamment les niveaux AA et AAA. Ces normes internationales définissent des critères précis pour rendre les contenus et les espaces numériques accessibles à tous, y compris aux personnes en situation de handicap. Elles constituent une base essentielle pour guider les démarches d’inclusion dans les fablabs.

Floraya, Nathalie, Anaïs,
apprenantes du Diplôme Universitaire Fabmanager – Piloter et développer un Fablab, promo #17

Notes : en photo de une de cet article, de gauche à droite : Floraya, Perrine et Anaïs.


Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Anna nous propose une vidéo présentant une action menée par l’Atelier Solidaire de Saint-Ouen lors de la Foire du Landy en 2025.
Il s’agissait ici de retransformer des objets usagers en lingot d’aluminium prêt à l’emploi.

L’atelier solidaire de Saint-Ouen moteur de transition à propulsion humaine

Voici une rapide présentation de l’atelier :

l’atelier vélo

L’atelier-vélo constitue le cœur d’activité de l’association. C’est l’outil d’une transition logistique vers la mobilité douce. Comptant sur les déplacements locaux, on préfère à la voiture thermique les vélos, les tricycles et autres cargos, à propulsion musculaire et électrique.

« Mais si on veut transporter du matériel, le vélo, ça ne marche pas » pourraient dire quelque râleur. Mais si, Monsieur ! L’Atelier loue à prix libre des remorques en accès libre, grâce à un système de boîte à clef. Un degré de liberté dont cell·eux qui l’ont testé ne peuvent plus se passer.

Les adhérent·es peuvent venir réparer leur véhicule selon trois modalités au coût modique : en autonomie, gratuitement, en utilisant les outils et l’équipement de l’atelier, en payant les pièces détachées à prix libre pour l’occasion recyclée par les membres de l’asso, ou à prix fixe quand on ne peut pas faire autrement que remplacer l’ancien par le neuf ; avec l’accompagnement technique d’un·e mécanicien·ne professionnel·le, (Daniel, Lucie) ou d’un bénévole expert (Jean-Louis, Massyle, Alexandre, et les autres 🙂 ; On bricole soi-même, mais on en apprend beaucoup au tarif imbattable de 5€ par tranche d’une demi-heure, et comme ça, la prochaine fois, on réparera la panne tout·e·x seul·e·x et gratis pro deo! par le recours aux prestations des membres, moyennant un tarif modique.

Non seulement l’atelier vélo offre un rayon de mobilité accessible à toutes les bourses, sans carbone ni atome, mais aussi un rayon de convivialité, d’entraide, de rencontre humaine et d’exploration technique. Pas des rayons de supermarché, mais des rayons vélo, qu’on répare à la mesure de ses compéténces et avec l’aide de celleux qui en ont de meilleures. Des rayons de ruche, où on se fait cheville ouvrière parmi celleux qui sont là, et où on engrange des richesses pour la communauté à mesure qu’on en prend pour soi.

En effet, si la petite reine attire bien des novices, cell·eux-ci, une fois rôdé·es à la pédale et au frein, ne peuvent manquer d’explorer les autres rayons que sont la Bricobox, atelier de réparation tout azimut, et le fablab, son pendant numérique.

la brico-box

C’est l’atelier de bricolage sur des matériaux traditionnels tels que le bois, le métal et leurs dérivés. C’est une petite pièce pourvue d’outils manuels, électriques et électroportatifs, d’équipements de sécurité individuels, et de consommables.

La plupart des machines nécessite un parcours initiatique, car sans initiation, le ou la ou lx novice risque d’y laisser des doigts, voire pire si pas d’affinité. Mais une fois passée l’épreuve, l’autonomie est sans réserve.

l’atelier de réparation

Actuellement, parce qu’Ahmed, un bénévole retraité aux talents de bidouilleur électronique, électrique et mécanique, anime un atelier hebdomadaire (le vendredi après midi), libre à chacun·e·x de tenter la remise en état d’un appareil hors d’usage. Pas de garantie de réussite, mais les compétences hors-pair d’un mec qui aime s’y coller jusqu’à ce que ça marche, et c’est le cas la plupart des fois.

le fablab

Des postes informatiques tournant sous Linux, des machines pas dernier cri mais solides et accessibles au tout venant après initiation préalable (quand besoin est), le fablab est là comme un plâtre sur la fracture numérique, comme un tremplin pour qui veut s’y élancer, comme une ressourcerie, un camp de base pour se faire la main.

Des rendez-vous cycliques, ancrés dans le terreau local

Le planning de l’Atelier solidaire fluctue d’une semaine à l’autre. C’est la rançon de l’indépendance, car le fonctionnement de chaque atelier dépend de qui parmi les bénévoles veut bien l’animer. Mais on ne perd jamais une occasion de faire bonne chère et de partager enthousiasme et savoir, par la participation à des apéros, des manifestations et des festivals locaux.

Anna Belhalfaoui,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #16.

Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Karam nous propose un article sur la pratique maker et la confiance en soi.

Et si fabriquer, c’était aussi se réparer ? Les fablabs sont souvent présentés comme des lieux de fabrication, d’innovation technologique ou de prototypage rapide. Mais derrière les machines et les plans 3D, il s’y passe autre chose de plus intime, de plus profond : on y (re)construit aussi des trajectoires humaines. Car dans ces espaces ouverts, accessibles, collaboratifs, on réapprend parfois à croire en soi.

Fabriquer, c’est faire l’expérience de sa capacité à agir

Entrer dans un fablab, c’est découvrir un univers d’outils, de matériaux et de machines parfois intimidants au premier abord. Pourtant, très vite, les barrières tombent. On apprend à manipuler, à tester, à se tromper et surtout, à oser.

À travers un projet, aussi simple soit-il (réaliser un objet en bois, imprimer une pièce cassée, créer un prototype…), chacun fait l’expérience d’un pouvoir d’agir retrouvé. On passe du “je ne sais pas faire” à “j’ai réussi à le faire moi-même”. Et ce changement de posture est souvent décisif pour reprendre confiance.

Un lieu d’accueil, de bienveillance et de valorisation

Ce qui fait la différence dans un fablab, ce n’est pas uniquement l’équipement, c’est l’ambiance. Dans cet espace partagé, on apprend sans être jugé, on avance à son rythme, on reçoit de l’aide, et surtout : on valorise les essais autant que les réussites.

C’est un lieu où l’on a le droit de ne pas savoir, de poser des questions “bêtes”, de recommencer plusieurs fois. Pour des publics souvent éloignés du monde numérique ou de la fabrication (jeunes en décrochage, adultes en reconversion, personnes en difficulté), cette approche pédagogique par le “faire ensemble” peut être un vrai déclic.

Le rôle du fabmanager : plus qu’un technicien, un médiateur

Dans ce processus de reconquête de soi, le rôle du fabmanager est central. Il ou elle n’est pas juste un expert technique. C’est un passeur, un facilitateur, parfois un révélateur de talents. Par sa posture d’écoute et de transmission, il contribue à créer un environnement de confiance, propice à l’expérimentation et à l’estime de soi.

En valorisant les petites victoires, en adaptant l’accompagnement, le fabmanager devient un acteur clef de ce que l’on pourrait appeler une “réparation symbolique” : celle de l’image que chacun a de ses propres capacités.

Le fablab, un tremplin vers la confiance et l’autonomie

Reprendre confiance en soi, ce n’est pas un processus instantané. Mais dans un fablab, les graines sont semées : celles de la curiosité, de la créativité, de l’envie d’apprendre et d’agir. Ce sont aussi des lieux où des vocations peuvent naître, où des parcours peuvent se réinventer.

Le fablab devient alors bien plus qu’un atelier technique. Il devient un espace d’émancipation, un lieu où l’on découvre que faire de ses mains, c’est aussi se remettre en mouvement.

Karam,
apprenant du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #16

Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Anthony nous propose un article sur les fablabs et le handicap.

A travers cet article, je vous propose de pousser les portes du Makelab, laboratoire au service du handicap, et de rencontrer Julien, ergothérapeute maker.  

Fabriquer l’autonomie : l’ambition du Makelab d’Imphy 

Au cœur du foyer APF d’Imphy, dans la Nièvre, le Makelab n’est pas un atelier comme les autres. C’est là que Julien, ergothérapeute passionné, transforme la technologie en levier d’émancipation. Grâce à la fabrication numérique, il invente des objets sur mesure qui permettent à ses patients de dépasser les obstacles du handicap. Plus qu’un simple accompagnement, il leur ouvre un chemin vers plus d’autonomie, de confiance et de liberté. 

Genèse et structuration du Makelab 

Le projet a vu le jour en 2016, porté par la vision de Julien. Passionné de fabrication numérique et habitué, avec quelques résidents du foyer, du Fab’N’Lab de Clamecy, il a su transmettre son enthousiasme. Grâce à sa détermination, il a convaincu son employeur, l’APF, ainsi que des partenaires institutionnels comme le Conseil Général de la Nièvre, de croire en ce lieu innovant et porteur de sens. 

En 2017, un cap est franchi. Julien suit une formation dédiée à l’usage de l’impression 3D en ergothérapie, dispensée par Guy Ehretsmann. Cette rencontre nourrit et structure l’ambition du projet. Le Makelab prend alors une nouvelle dimension : une imprimante 3D Zortrax M200 et un scanner Einscan-SE viennent équiper l’espace. En 2018, un temps d’animation spécifique est reconnu (0,2 ETP), donnant à Julien les moyens de faire vivre le lieu, de l’animer. Enfin, en 2019, le Makelab rejoint la communauté RehabLab, s’inscrivant dans un réseau plus large d’initiatives où la fabrication numérique devient un véritable levier de dignité, d’autonomie et de lien social. 

Fablab et ergothérapie : ce n’est pas automatique ! 

On pourrait croire que les Fablabs et l’ergothérapie font naturellement bon ménage. Après tout, les outils de fabrication numérique semblent parfaitement adaptés à la création d’aides techniques personnalisées. Pourtant, dans les faits, cette rencontre ne va pas de soi. 

À l’Institut de Formation en Ergothérapie de Nevers, Julien propose des enseignements optionnels autour de l’impression 3D. Ces ateliers permettent aux étudiants de découvrir le potentiel du prototypage rapide dans leur futur métier. Mais cette approche reste encore à la marge : intégrer la fabrication numérique dans la pratique ergothérapique demande un vrai changement de posture, de nouveaux apprentissages, et surtout, du temps. 

Le Fablab peut être un formidable outil au service des ergothérapeutes, à condition d’être envisagé comme un espace de co-construction et d’expérimentation, pas comme une solution toute faite. La technologie seule ne suffit pas : c’est l’ouverture, la curiosité et la collaboration qui permettent de transformer les idées en projets concrets et utiles. 

Un réseau : le Rehab-lab 

Le Rehab-Lab est un Fablab intégré, pensé spécifiquement pour la conception et la fabrication d’aides techniques personnalisées à destination des usagers de structures de soins ou médico-sociales. Né en février 2016 au Centre Mutualiste de Kerpape (Lorient), en étroite collaboration entre le Lab d’Assistances Technologiques et les services d’ergothérapie, il a rapidement fait ses preuves. Deux ans plus tard, face à l’intérêt croissant d’autres professionnels, une première formation est lancée, donnant naissance à une véritable communauté : celle des Rehab-Lab, des Fablabs solidaires, spécialisés et ouverts à l’innovation en santé. L’impression 3D y occupe une place centrale. Plus accessible que les méthodes traditionnelles, elle permet une adaptation fine, une esthétique soignée, une fabrication rapide et peu coûteuse. Surtout, elle redonne du pouvoir d’agir aux patients eux-mêmes, en les impliquant dans la création de leurs propres dispositifs, via des outils numériques plutôt que par la manipulation de matériaux physiques. Pour Julien, faire partie de cette communauté, c’est élargir son champ d’action, partager des pratiques, rester en veille technique, mais aussi humaine. Car le Rehab-Lab n’est pas qu’un lieu de fabrication : c’est un espace de collaboration, d’autonomie et d’innovation, au croisement de l’ergothérapie et de la culture maker. 

Et l’intelligence artificielle ? 

Alors que l’intelligence artificielle s’infiltre progressivement dans tous les pans de la société, la question de son impact sur la santé mentale des patients commence à émerger, notamment dans le champ de l’accompagnement thérapeutique. Pourtant, du côté de l’ergothérapie, cette révolution technologique semble encore à la marge. La profession, centrée sur la relation humaine, le sur-mesure et le quotidien vécu, peine à trouver sa place dans un monde où les algorithmes prennent de plus en plus de décisions. Si certains y voient une opportunité pour enrichir les pratiques et alléger certaines tâches, d’autres alertent sur les risques : perte de repères, standardisation des prises en charge, voire renforcement de l’isolement pour des publics déjà fragilisés. L’ergothérapie, en tant que discipline profondément ancrée dans le réel, interroge donc avec prudence les apports possibles de l’IA, sans perdre de vue l’essentiel : l’humain avant tout. 

Exemples de projets 

Joytojoy : Un dispositif d’assistance conçu pour ajouter des fonctionnalités de souris ou de joystick de jeu vidéo au contrôleur de fauteuil roulant électrique. Projet open source développé par Julien.

https://hackaday.io/project/186678-joytojoy 

DRAG, dispositif d’aide à l’écriture et au dessin
Un dispositif d’aide à l’écriture et au dessin permettant aux utilisateurs d’écrire ou de dessiner sans avoir à serrer les doigts.

https://www.makersmakingchange.com/s/product/drag-assistive-writing-and-drawing-device/01tJR0000037zufYAA 

Makergo :  un bras robotisé pour aider à la prise de repas en autonomie pour les personnes rencontrant des difficultés de préhension.

https://www.comptoirdessolutions.org/innovation/makergo/ 

Ressources 

https://www.facebook.com/makeLabImphy

https://rehab-lab.org

https://www.makersmakingchange.com

Anthony,
apprenant du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #16

Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Jean-Pierre nous propose un article sur la robotique à destination des publics jeunes.

J’ai été sollicité au début du mois de mai par mes amis Manon et Sébastien, membres du LAB d’Aix en Provence comme moi, pour participer à une animation en partenariat avec le Consortium ITER, cette animation étant elle-même intégrée au projet SteamCity dont le LAB est partenaire.

Cette animation s’est déroulée le 22 mai 2025 au sein de l’école d’ingénieur Polytech de Château Gombert près de Marseille, pendant la 14 ème édition de la Coupe de Robotique ITER, réunissant cette année près de 600 personnes.

Cette événement organisé par le consortium ITER propose à des scolaires, dont le niveau s’échelonne du CM2 à la classe de Terminale, à se challenger lors d’épreuves de robotique pensées par les organisateurs et ayant pour cadre le projet ITER.

Ces défis que relèvent les enseignants et leurs élèves, sont variés :

  • Concevoir et programmer un robot capable de transporter un composant sur un trajet prédéfini,
  • S’adapter aux changements de dernière minute,
  • Elaborer un dossier technique,
  • Présenter une épreuve de culture générale qui passe en revue l’histoire, la géographie et la culture des pays membres d’ITER.

Les épreuves de robotique sont de difficultés croissantes en fonction du niveau des élèves, exception faite des classes de CM2 qui ont une épreuve de suivi ligne avec le robot THYMIO imposé.

On peut donc suivre des épreuves de :

  • WAYS : mobilité et vitesse
  • TRANSPORT : performances de suivi de ligne et de transport (tirer-pousser pour les robots Thymio).
  • PICK AND PLACE : opérations de prise et de dépose de pièces d’un point A vers un point B.
  • CO-OPERATE : combinaison des épreuves Transport et Pick and Place.
  • DESSIN pour les classes de CM2 uniquement.

Mais cette magnifique journée printanière et cette ambiance bon enfant ne devaient pas nous faire oublier la raison de notre présence à cet événement.

L’animation proposée par le LAB dans le cadre du projet SteamCity, devait permettre au consortium d’observer comment les étudiants intéragissent avec l’apprentissage par investigation et comment ils réagissent à des scénarios de résolution de problèmes concrets.

Ce protocole d’apprentissage bio-inspiré a été adapté en un format pratique et autonome, utilisant une grille 6×6, un robot de style rétro, des jetons de récompense ( dans ce dernier cas, nous avions choisi des bonbons afin “d’attirer” le public que nous devions convaincre. Je sais cela n’est pas très fair-play) et un système de feedback (comprenant une fiche mémoire pour les élèves et des informations contextuelles à transmettre oralement pour ouvrir les discussions sur l’objectif de l’activité).

Un travail réalisé en amont, en étroite collaboration avec les organisateurs du concours de robots ITER, a permis une intégration de cette activité au programme de l’événement, garantissant ainsi une rotation fluide des groupes d’étudiants et un espace suffisant pour l’activité.
Nous avons préparé la veille tout le matériel nécessaire au sein des locaux du LAB. J’ai aussi été briefé afin d’assurer la cohérence de l’animation. L’accent a été mis sur le développement de la pensée critique et l’intégration de l’activité au contexte plus large de l’IA. Le jour J un stand fonctionnel et accueillant dédié au L.A.B. a été créé dans l’espace événementiel. Il comprenait les tapis d’apprentissage, le matériel, les supports visuels et un espace suffisant pour faciliter le travail de groupe et les discussions. Une signalétique claire et la présence d’un animateur ont permis de garantir l’accessibilité et la fluidité de l’activité pour les participants.

Nous avons proposé cette activité de 9h00 à 14h00. Celle-ci était intégrée au programme de la compétition et les élèves ont pu y participer en groupes tournants de 3 à 6 élèves pendant les pauses du programme principal de la compétition.

Chaque groupe d’élèves ont suivi un protocole consistant à une exploration libre de la grille en partant d’un point A connu pour atteindre un point B inconnu, leurs déplacements dans l’espace se faisant par essais et erreurs. Ils découvraient au fur et à mesure l’emplacement des obstacles et des récompenses, sans connaissance préalable de la disposition de la grille. En tant qu’animateur, je ne fournissait que les modalités de déplacement sur la grille, l’objectif de la tâche mais aucunes instructions sur la marche à suivre, afin d’encourager la découverte autonome.

Ci-dessus, à gauche la fiche animateur avec la case départ soulignée en bleu et la case arrivée soulignée en vert et à droite la fiche fournie aux élèves comportant juste la case départ.

Tandis que les élèves progressent pas à pas sur la grille 6×6, les animateurs donnent un feedback après chaque déplacement : une récompense (un bonbon) pour avoir atteint une case sûre, ou une réinitialisation (perdre tous les bonbons et recommencer depuis le début) lorsqu’un obstacle est rencontré. Ce mécanisme stimule le processus d’apprentissage par essais-erreurs et la nécessité d’adapter les stratégies en fonction des retours, créant ainsi un environnement d’apprentissage stimulant et ludique.

Une fiche mémo était à la disposition des élèves, favorisant ainsi diverses stratégies.(enregistrement de leurs mouvements, notation de l’emplacement des obstacles, etc …). Cet élément favorisait les approches individuelles ou collaboratives de résolution de problèmes, conformément aux principes d’apprentissage par investigation.

Après la séance de jeu, nous avons mis en place une phase de compte-rendu afin d’encourager les élèves à réfléchir aux stratégies utilisées, à l’importance des retours et à l’évolution de leur compréhension au fil du jeu. C’est à cette étape que nous introduisions le parallèle avec l’apprentissage bio-inspiré et l’IA, expliquant comment les humains et les machines apprennent en adaptant leur comportement grâce à des retours itératifs. Et pour que les élèves puissent faire le lien avec des défis concrets, tels que la robotique, la prise de décision par IA et la résolution de problèmes dans des environnements complexes.

Au final, cette activité a mobilisé avec succès 292 étudiants, offrant ainsi une expérience d’apprentissage pratique, basée sur l’enquête et reliant le gameplay à la réflexion critique sur l’IA et ses applications.

Ces deux jours ont été pour moi une expérience extrêment enrichissante, avec l’élaboration des supports, la prise en main et la mise en place de cette activité. Travailler avec un jeune public s’avère toujours un défi pour moi. Même si pour beaucoup d’entre nous, futur fabmanager, cette tâche peut sembler effrayante, elle n’en est pas moins la plus formatrice.

Pour conclure, j’ai passé une excellente journée. La passion pour la robotique, cet esprit d’entreprise et d’invention, plus que la compétition, me fait penser que nos fablabs ont de beaux jours devant eux, si nous arrivons bien sûr à attirer ce public autrement qu’avec des bonbons.

J’aimerais remercier mes amis Manon et Sébastien d’avoir pensés à moi pour les aider dans cette entreprise. Tous mes remerciements aux équipes du consortium ITER et de l’école d’ingénieur PolyTech de Château Gombert pour leur accueil et leur gentillesse et tout pour m’avoir permis de rencontrer un héros de Blockbuster.

Jean-Pierre MARTIN,
apprenant du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #16

Dans le cadre de sa formation au FacLab au Diplôme Universitaire Fabmanager, Techniques de fabrication numérique et de facilitation, Flore nous propose une visite du fablab montreuillois dans lequel elle a effectué son stage en novembre et décembre 2024.

Flore LIMACHER,
apprenante du Diplôme Universitaire Fabmanager, technique de facilitation et de fabrication numérique, promo #15.